EXCLUSIF. Le ciel s'éclaircit au-dessus des futurs hangars à dirigeables de Flying Whales en Gironde. Cette usine de toutes les démesures vient d’obtenir un avis favorable du ministère de la Transition écologique. Une étape indispensable pour ce projet hors norme qui doit désormais résoudre une équation financière.C'est un dossier sans équivalent dans le paysage industriel tricolore. « L'enjeu c'est de créer de toutes pièces une nouvelle filière aéronautique, c'est inédit en France au 21e siècle », répète à l'envi Vincent Guibout, le directeur général de Flying Whales. Mais aussi Alain Rousset, le président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, qui défend vigoureusement un « projet phare de la politique régionale en matière d'innovation, de transition écologique et de réindustrialisation ».
Et l'élu socialiste n'a pas hésité depuis 2017 à impliquer financièrement la collectivité régionale à hauteur de plusieurs dizaines de millions d'euros. Car si les dirigeables géants de l'entreprise volent un jour, cela devra nécessairement passer par la case Laruscade, à 40 kilomètres au nord de Bordeaux. C'est dans cette commune de 3 000 habitants que doit voir le jour le premier site capable d'assembler le LCA 60T, un ballon de 200 mètres de long capable d'emporter une charge de 60 tonnes.
Le chemin de croix environnemental
Pour le construire, il est question d'aménager une zone d'activités économiques de 75 hectares pour accueillir une piste d'envol et deux hangars de 240 mètres de long pour 70 mètres de haut. Ce qui pose d'évidentes questions d'insertion paysagère mais aussi d'impact environnemental. Car le site de Laruscade est riche d'une biodiversité qui ne demande qu'à être préservée comme l'a clairement rappelé l'Autorité environnementale en 2023 et, à nouveau, en 2024. En l'occurrence ce projet d'industriel d'ampleur se heurtait jusqu'à présent à la présence sur le site de deux espèces protégées : la loutre d'Europe et le vison d'Europe. Ce qui avait justifié l'avis négatif du Conseil national de protection de la nature (CNPN).
La communauté de communes et Flying Whales attendaient donc depuis plusieurs semaines une dérogation du ministère de la Transition écologique. Et, selon nos informations, ce dernier vient de rendre un avis favorable permettant de déroger à l'interdiction légale de porter atteinte à ces deux espèces. Une étape indispensable pour la poursuite du projet puisque son absence a, par exemple, joué un mauvais tour aux irrigants des Deux-Sèvres il y a quelques mois.