Guillaume Faury, président exécutif d'Airbus, lors de l'inauguration de la seconde ligne d'assemblage de la famille A320 à Toulouse.
Rémi Benoit
Avec désormais dix lignes d'assemblage dans le monde capables de fabriquer ses monocouloirs, Airbus se dote d'« une puissance de feu industrielle considérable ». Mais « rien n'est acquis », prévient Guillaume Faury, président exécutif du groupe, fustigeant, devant le ministre des Transports, « le coût horrible des barrières réglementaires en Europe ».
C'est l'une des plus grandes usines au monde : 500 mètres de long, 250 mètres de large et 50 mètres de hauteur... Au cœur du site Jean-Luc Largardère, construit au début des années 2000 pour produire l'A380, le bâtiment a été entièrement repensé et modernisé pour accueillir la famille A320 NEO.
« Au départ, on imaginait livrer 700 avions sur ce programme. Mais quarante ans plus tard, nous avons livré 607 avions de la famille A320 en 2025. C'est aujourd'hui l'avion commercial le plus commandé et le plus livré au monde. Sur 20 000 appareils commandés, 12 500 environ ont été livrés et il reste 7 500 avions à produire. Ce qui représente 70% de notre carnet de commandes et plus de dix ans de production », a rappelé Guillaume Faury, président exécutif d'Airbus ce lundi 15 juin.
Inauguration de la seconde ligne d'assemblage de la famille A320 à Toulouse. (Crédits : Rémi Benoit)
Dix lignes dans le monde
Trois ans après le lancement de la première ligne d'assemblage finale (FAL) dédiée à la famille A320, le premier constructeur mondial a inauguré à Toulouse sa seconde ligne pour accélérer encore les cadences de livraison. Airbus dispose désormais de dix FAL dans le monde capables de produire son best-seller : quatre à Hambourg (Allemagne), deux à Toulouse, deux à Tianjin (Chine) et deux à Mobile (Etats-Unis). De quoi atteindre à la fin 2027 la cadence de 75 avions de la famille A320 produits par mois. Un rythme inédit dans l'histoire de l'aviation.
Les deux lignes toulousaines sont capables de produire l'A320 NEO mais surtout l'A321NEO et l'A321XLR. Ce dernier règne sans réelle concurrence sur le « milieu de marché », autrefois occupé par les Boeing 757 et 767, conçus dans les années 1970. L'appareil est capable d'assurer des vols de 8 700 km pour permettre aux compagnies de proposer de nouvelles liaisons long-courrier, traverser l'Atlantique notamment, à moindre coût et en étant plus sobres en kérosène qu'avec les longs courriers traditionnels. Airbus doit aussi faire face à l'arrivée du chinois Comac, en phase de certification en Europe de son propre monocouloir, le C919.