L’Espagne commande dix-huit C295 : Airbus confirme son écrasante domination sur les avions-cargos en Europe

Airbus est le champion des avions-cargos en Europe.
/FW1FP/Alex Smith - REUTERS - Benoit Tessier

Airbus est le champion des avions-cargos en Europe.
/FW1FP/Alex Smith - REUTERS - Benoit Tessier
Airbus a annoncé mardi avoir reçu une commande du ministère espagnol de la Défense portant sur 18 avions de transport militaire C295. Ces appareils sont destinés à renouveler une flotte vieillissante composée de modèles CN235 et C212.
Ce contrat s’articule autour de deux phases opérationnelles distinctes. La première tranche prévoit la livraison d’avions configurés pour la formation et le transport logistique à la base aérienne de Matacán entre 2026 et 2028. La seconde phase, programmée entre 2030 et 2032, concernera des unités spécifiquement équipées pour le largage, manuel ou automatique, de fret et de parachutistes sur la base d’Alcantarilla.
À l’issue de ces livraisons, l’armée de l’air espagnole disposera d’un parc de quarante-six C295. Cette flotte se répartira entre les missions de transport, de patrouille maritime et de surveillance. Cet engagement massif de Madrid n’est pas surprenant puisque le C295 est un appareil lié à l’Espagne, où se situent ses principaux sites de développement et de production au sein de la division militaire d’Airbus. Cette commande souligne également la position dominante de l’avionneur européen sur le segment des avions-cargos tactiques destinés aux forces armées du continent.
Le succès commercial du C295, avion de transport moyen dont le prix unitaire oscille entre 30 et 50 millions d’euros, s’est consolidé depuis son lancement en 1997. Airbus a écoulé plus de 300 exemplaires de ce modèle, dont 87 ont été acquis par des nations européennes. Derrière l’Espagne, la Pologne figure comme le principal utilisateur européen avec 17 unités, suivie par le Portugal avec 13 appareils et la République tchèque qui en exploite 6. Cette présence territoriale forte se double d’une réussite notable sur le segment des gros-porteurs, ou avions de transport lourd, avec l’A400M.
L’A400M, dont l’assemblage final est réalisé à Séville, représente un investissement plus lourd, compris entre 130 et 150 millions d’euros par unité. Depuis la création du programme en 2000, l’avionneur a enregistré 178 ventes, dont la grande majorité, soit 160 appareils, a été conclue en Europe. Les carnets de commandes sont portés par trois nations majeures : l’Allemagne avec 53 exemplaires, la France avec 50 unités et l’Espagne qui en a commandé 27. Ces chiffres illustrent la capacité d’Airbus à fédérer les puissances militaires européennes autour de standards industriels communs.
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Cette prédominance européenne d’Airbus contraste avec la performance plus discrète des constructeurs américains sur le Vieux Continent. Le C-17 de Boeing, un transporteur lourd de haute capacité, ne compte que 11 exemplaires en service en Europe. De même, le célèbre C-130 de Lockheed Martin, référence historique du transport léger, plafonne à 60 commandes européennes, dont un tiers est concentré en Italie.
Cependant, cette hiérarchie s’inverse radicalement dès que l’analyse sort des frontières européennes. À l’échelle mondiale, l’hégémonie de l’industrie de défense des États-Unis reste incontestée. Hors d’Europe, Boeing a livré 279 exemplaires de son C-17. Sur le marché du transport léger, l’écart est encore plus marqué : Lockheed Martin a vendu plus de 2 400 unités de son C-130 à travers le monde. Si Airbus verrouille son marché intérieur, les constructeurs d’outre-Atlantique conservent une emprise structurelle sur le reste du globe.