La Suède va acheter à Naval Group quatre frégates de défense et d'intervention (FDI), a annoncé le Premier ministre suédois Ulf Kristersson. Pour le groupe naval français, ce succès est une victoire stratégique dans une zone très otanienne, qui est considérée comme une chasse gardée par des pays proches des États-Unis (Grande-Bretagne, Allemagne notamment).Quelques signaux faibles indiquaient ces derniers jours une possible victoire de Naval Group en Suède à l'issue d'une compétition « extrêmement vives », face notamment au groupe britannique Babcok, selon un proche du dossier. C'est fait ! La Suède va acheter au groupe naval français quatre frégates de défense et d'intervention (FDI) armées par des missiles de défense aérienne Aster 30 (MBDA) pour un montant évalué à plus de quatre milliards d'euros, a annoncé mardi le Premier ministre suédois Ulf Kristersson. Après son échec en Norvège à l'été 2025, Naval Group a redoublé d'efforts afin de convaincre Stockholm. Et il a finalement été préféré aux offres du groupe britannique Babcock, de l'espagnol Navantia et du suédois Saab. C'est aussi une formidable victoire de Naval Group dans une zone très otanienne.
C'est « l’un des plus importants investissements suédois dans le domaine de la défense depuis l'introduction de (l'avion de chasse) Gripen dans les années 80 », a précisé Ulf Kristersson, sans révéler le montant du contrat. Et « cela représente un triplement des capacités de défense antiaérienne » de la Suède, puisque ces frégates sont équipées de missiles, a rappelé le Premier ministre. La Suède a considérablement renforcé ses investissements en défense depuis le début de la guerre en Ukraine, avec l'adhésion à l'Otan en 2024.
Les trois raisons du succès
Pourquoi la Suède a privilégié l'offre de la France ? Pour trois bonnes raisons. Naval Group a promis une livraison rapide d'une frégate déjà produite et éprouvée au combat, a précisé le Premier ministre suédois. Le groupe français, qui avait en outre proposé à la Suède le missile de croisière naval (MdCN) de MBDA (plus de 1000 km de portée), pourrait livrer tout ou partie des quatre frégates avant 2030. Le site de Lorient ainsi que toute la « supply chain » sont aujourd'hui en capacité de livrer deux FDI par an. Naval Group sait livrer rapidement. Ainsi, le groupe a signé un contrat pour la fabrication de trois FDI en Grèce en 2022 et a livré la première frégate en 2025 et devrait livrer les deux autres FDI en 2026.