« Le droit à l’échec est fondamental » (Patrick Aufort, Agence Innovation Défense)
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Patrick Aufort, directeur de l'Agence Innovation Défense
AID
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Patrick Aufort, directeur de l'Agence Innovation Défense
AID
LA TRIBUNE - Vous avez été à la tête de l’Agence Innovation Défense (AID) pendant quatre ans. Le passage à l’échelle reste une des problématiques les plus cruciales en France. Avez-vous réussi à renforcer le passage à l’échelle des innovations portées par l’AID, et les startups et les PME ?
PATRICK AUFORT : Renforcer le passage à l’échelle d’une innovation est un sujet majeur pour le ministère des Armées. Ce sujet a été l’ambition qui m’a le plus motivée à la tête de l’AID pendant ces quatre ans. C’est la finalité ultime. L’innovation ne doit pas s'arrêter au seul prototype. Elle n’est réussie que si elle est industrialisée ou si elle intègre un système au sein d’une plateforme.
Avez-vous des exemples précis ?
Le bilan d’activité de l’AID est rempli tous les ans de dizaines d’exemples de ce type, notamment toutes les briques technologiques sur la robotique ou sur les essaims de drones. Sans l’AID, ces innovations auraient été traitées beaucoup plus tard. L’AID les a traitées de manière ultra-réactive. C’est le cas avec Dronisos, un des leaders mondiaux des spectacles de drones pour les parcs d'attractions et des événements. On s’est dit : « utilisons les compétences de Dronisos pour commencer à travailler sur les essaims de drones et pour savoir comment contrer une menace de type essaim ». Seule l’AID pouvait se lancer dans ce mode d’action avec la volonté de construire une capacité tout en explorant le sujet.
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L’AID est-elle la seule à gérer ce type de dossiers ?
Il y a beaucoup d’innovations, qui n’existeraient pas aussi rapidement sous la forme d’un programme d’armement sans l’AID. C’est par exemple le cas du programme Parafox, un harnais de saut en parachute pour les chiens largués au-dessus d’un théâtre d’opérations avec son maître. L’AID a soutenu ce projet, qui permet de mieux protéger et de rassurer le chien pendant la chute et de le libérer en toute sécurité au sol. Ce projet est passé à l’échelle. Nous avons acheté plusieurs équipements au profit des unités concernées. La vocation de l’AID est celle de fédérer l’ensemble des initiatives d’innovation au sein du ministère, lui assurant un rôle de coordinateur et de cohérence pour l’ensemble du ministère des Armées grâce à l’ensemble de l’écosystème (chercheurs, industriels, experts avec laquelle elle est en contact au quotidien. L’AID ne peut pas prendre à son compte toute l’innovation du ministère avec seulement 130 personnes.