Les lignes bougent rapidement dans l’aviation légère, dont le sud-ouest de la France s’est fait une spécialité. Quelques jours après le rachat du constructeur charentais-maritime VoltAero par l’entreprise toulousaine Aura Aero, c’est au tour de son voisin Elixir Aircraft de faire des annonces. Mais il s’agit au contraire de conforter son indépendance et son ancrage industriel. Le fabricant de l’Elixir, un avion composite destiné à la formation des pilotes professionnels, vient de boucler un nouveau tour de table conséquent.
Après les 13 millions d’euros réunis il y a deux ans auprès d’Innovacom, Bpifrance Amorçage Industriel et Naco, la société rochelaise lève 45 millions d’euros auprès du fonds SPI (Sociétés de Projets Industriels) et Bpifrance, aux côtés d’Odyssée Venture, d’Innovacom et d’autres investisseurs. De quoi confirmer le passage à l’échelle industrielle de cette entreprise de 250 salariés qui a déjà produit 16 appareils au premier semestre 2026 et affiche un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros.
« C’est un bel exploit dans un contexte particulièrement difficile pour lever des fonds ! », souffle Cyril Champenois, cofondateur de l’entreprise. « Cela prouve la solidité d’Elixir qui s’appuie sur un produit et un marché clairement identifiés et des partenaires industriels présents dans la durée tant pour nos investisseurs historiques que pour les nouveaux entrants. »
Et dans les hangars de l’entreprise aussi, les choses avancent rapidement. Avec près de trois avions livrés par mois au premier semestre, la cadence de production a déjà presque triplé depuis 2024 et doublé par rapport à 2025. Elixir Aircraft espère désormais atteindre début 2027 un rythme de cinq appareils par mois, soit 60 à 70 avions par an. « Ce volume correspond à un seuil de rentabilité et nous devons l’atteindre rapidement. À plus long terme, nous estimons pouvoir prendre 15 % de parts de marché, ce qui représenterait autour de 400 appareils par an. D’autant que la hausse du prix des carburants pousse au renouvellement des flottes souvent anciennes », précise le dirigeant.