La Russie prête à mettre en service actif un nouveau missile de croisière « invincible » à propulsion nucléaire
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Vladimir Poutine (photo d'archive)
Reuters
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Le président Vladimir Poutine a annoncé dimanche un essai final réussi d'un missile de croisière russe à propulsion nucléaire baptisé Bourevestnik, en faisant l'éloge de cette arme « unique » d'une portée allant jusqu'à 14.000 kilomètres, en pleine offensive russe en Ukraine. « Les tests décisifs sont désormais achevés », a déclaré Vladimir Poutine, vêtu d'un treillis militaire, dans une vidéo diffusée par le Kremlin, lors d'une réunion avec des responsables militaires.
Il a ordonné de commencer à « préparer les infrastructures pour mettre en service cet armement dans les forces armées » russes. « C'est une création unique que personne d'autre dans le monde ne possède », a assuré le maître du Kremlin, selon lequel le Bourevestnik (un oiseau de mer dont l'étymologie russe est le mot tempête ou oiseau de tempête en russe) a une « portée illimitée ».
La Russie a annoncé dimanche avoir informé Washington d'un essai final réussi de son missile de croisière à propulsion nucléaire, Bourevestnik, en pleine offensive en Ukraine et incertitude sur une nouvelle rencontre entre Vladimir Poutine et son homologue américain Donald Trump.
Un émissaire du Kremlin pour les questions économiques, Kirill Dmitriev, à Washington depuis vendredi, a annoncé dans l'après-midi avoir « déjà informé » des responsables de l'administration Trump de cette réunion « où le président russe s'est fait présenter un rapport (...) sur les essais réussis du missile du type tout à fait nouveau Bourevestnik ».
Par ailleurs, Donald Trump a reporté mardi sine die un projet de rencontre tout juste annoncé avec Vladimir Poutine à Budapest, disant ne pas vouloir de discussions « pour rien » et les Etats-Unis ont imposé le lendemain de nouvelles sanctions sur les hydrocarbures russes. Samedi, il a réitéré qu'il ne « perdrait pas son temps » à programmer une nouvelle rencontre avec Vladimir Poutine sans accord en vue pour mettre fin au conflit en Ukraine. Kirill Dmitriev, qui enchaîne depuis vendredi des rencontres avec des responsables de l'administration Trump, a dénoncé dimanche des « tentatives titanesques de saper tout dialogue entre la Russie et les États-Unis ».
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Lors du dernier essai le 21 octobre, le missile Bourevestnik, surnommé SSC-X-9 Skyfall par l'Otan, a passé dans l'air « environ 15 heures », en survolant 14.000 kilomètres, a précisé pour sa part le chef de l’État-major russe Valéri Guérassimov, en ajoutant que « ce n'est pas une limite » pour cet armement. « Les caractéristiques techniques du Bourevestnik permettent de l'utiliser avec une précision garantie contre des sites hautement protégés situés à n'importe quelle distance », a-t-il affirmé. Vladimir Poutine avait annoncé le développement par l'armée russe de ces missiles, capables de surmonter selon lui quasiment tous les systèmes d'interception, en 2018.
Le président russe avait averti il y a quatre ans du développement et de la conception de nouveaux armements russes mis au point, capables selon lui de percer les boucliers antimissiles existants. Il compare la percée scientifique et militaire de leur développement « à la création du premier satellite artificiel de la Terre », le fameux Spoutnik. Outre le Bourevestnik, il a récemment assuré que la Russie était également en train d'achever les essais du missile lourd balistique intercontinental de cinquième génération Sarmat, censé lui aussi échapper aux défenses antimissiles.
La Russie utilise dans son offensive contre l'Ukraine une partie de sa nouvelle génération de missiles, qualifiés d'« invincibles », d'« hypersoniques », à portée illimitée ou invisibles des radars. C'est le cas du missile Avangard (Avant-garde en russe). Ce missile hypersonique russe est capable de changer de cap et d'altitude à très haute vitesse, les rendant « pratiquement invincibles » selon Vladimir Poutine. Testé avec succès en décembre 2018, la vitesse d'un missile Avangard a alors atteint Mach 27 (27 fois la vitesse du son) et touché une cible située à environ 6.000 km, selon le ministère russe de la Défense. Ils ont été mis en service en décembre 2019.
C'est également le cas du Kinjal, un « poignard » hypersonique. Utilisés pour la première fois en mars 2022 par l'armée russe, les missiles hypersoniques Kinjal ont permis selon Moscou la destruction d'un entrepôt souterrain d'armements dans l'ouest de l'Ukraine. Ce type de missiles, très manœuvrable, est censé défier les système de défense anti-aérienne. Ils ont atteint, lors des essais, toutes leurs cibles à une distance pouvant atteindre 1.000 à 2.000 km. Ils équipent les avions de guerre MiG-31. Leur emploi en Ukraine a été une première mondiale pour un armement hypersonique, selon des experts. Selon un rapport de l’Institut Kiel, le taux d’interception des Patriot contre le Kinjal est d’environ 25 %.
Le premier tir officiel du missile hypersonique naval Zircon (du nom d'un minéral utilisé en joaillerie) date d'octobre 2020. Il vole à Mach 9 pour atteindre des cibles maritimes comme terrestres. Fin 2021, Vladimir Poutine avait annoncé un premier tir d'essai réussi d'une salve de Zircon. D'autres essais ont eu lieu depuis octobre 2020 dans l'Arctique russe, notamment à partir de la frégate Amiral Gorchkov et d'un sous-marin immergé.
Enfin, d'un poids dépassant 200 tonnes, le missile balistique intercontinental Sarmat, qui peut aller du pôle Nord au pôle Sud, est plus performant que son prédécesseur - le missile Voïevoda d'une portée de 11.000 km - et « n'a pratiquement pas de limites en matière de portée », selon Vladimir Poutine, qui l'a jugé à même de « viser des cibles en traversant le pôle Nord comme le pôle Sud ».
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