La société X721 a réalisé en Nouvelle-Aquitaine un vol de son démonstrateur Heliblade, drone expérimental d’environ 20 mètres de diamètre, à mi-chemin entre un hélicoptère et un avion. Il a vocation à emporter dans la stratosphère à l’horizon 2030 une charge utile de renseignement ou de télécommunication.Venant de Dubaï, la startup X721, créée en avril 2014 par le français Pierre-Eric Lys, avait de façon inattendue déboulé au printemps 2025 en France en proposant un concept révolutionnaire, le drone Heliblade, un nouveau HAPS (High Altitude Pseudo Satellite) prometteur. Ce drone original avait réussi à interpeler, puis à intéresser le ministère des Armées, notamment la Direction générale de l'Armement (DGA) et le général Alexis Rougier chargé de la Très Haute Altitude au sein de l'armée de l'air et de l'espace. Un an plus tard, le démonstrateur de X721 continue de séduire et vient de passer un premier cap important.
Ainsi le 24 juillet, la startup a réalisé en Nouvelle-Aquitaine, en présence de l'armée de l’air et de l’espace, de la DGA et de l’Agence de l’innovation de défense (AID), un vol de son drone expérimental à mi-chemin entre un hélicoptère et un avion d’une envergure totale de 18 mètres pour une masse inférieure à 4 kilos. « Le développement de ce drone, soutenu et accompagné par l’AID au profit de l’armée de l’Air et de l’Espace, s’inscrit pleinement dans la déclinaison de la stratégie des Armées pour la très haute altitude », a expliqué le communiqué du ministère des Armées. L'AID soutient légèrement le développement d'Heliblade sur le plan financier.
Premier vol dans la stratosphère en 2028
Le premier vol d’essai M001 s’est déroulé en deux temps, avec un premier palier à 15 mètres, suivi d’un second à 35 mètres d’altitude. Au cours de ce vol, X721 a pu tester le concept, la stabilité et la manœuvrabilité du drone. L’exploitation des données du vol permettra à la société de poursuivre le développement du système. « Ce vol illustre la capacité du ministère des Armées à innover au profit des opérations et à accompagner les entreprises du secteur aérospatial », a expliqué le ministère.
Ce démonstrateur est un Heliblade « modèle 11 » (en hommage au Blériot XI, un avion monoplan léger produit à partir de 1909) composé de deux ailes rotatives ultralégères mais qui encaissent très bien les turbulences sans casse. « Les ailes se rigidifient par l'exploitation des forces centrifuges », explique le général Rougier, dans un entretien accordé à La Tribune.