Très haute altitude : ce nouveau Far West contre lequel Sébastien Lecornu veut protéger la France
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Neutralisation du ballon chinois au-dessus des Etats-Unis
RANDALL HILL
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Neutralisation du ballon chinois au-dessus des Etats-Unis
RANDALL HILL
En matière de très haute altitude (THA), ce nouvel espace de conflictualité compris entre 20 et 100 kilomètres d'altitude découvert par le grand public avec le ballon chinois espion abattu en février 2023 au-dessus des Etats-Unis, la France a déjà tout ou presque sur le plan technologique et opérationnel, grâce notamment au CNES, qui est un pionnier dans la maîtrise des ballons stratosphériques, et aux capacités existantes de l'armée de l'air et de l'espace (AAE)...
Il manquait simplement à la France une volonté politique qui devait être mise en musique par une stratégie au sein de l'AAE. C'est fait depuis mardi au salon aéronautique du Bourget par le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, et par le général Alexis Rougier, responsable de la THA. « Ne pas pouvoir agir dans la THA exposerait la France à des vulnérabilités exploitables par ses compétiteurs maîtrisant cet environnement », a martelé Sébastien Lecornu.
« C'est un espace complexe parce qu'il est gris, a rappelé le ministre des Armées. C'est une zone floue et non régulée ». Depuis le survol du ballon chinois détecté par la défense américaine, Sébastien Lecornu a donc demandé à l'armée de l'air de travailler sur cette stratégie. Par ailleurs, l'utilisation par la Russie en Ukraine et par Israël contre l'Iran en octobre 2024 de missiles hypervéloces capables de manœuvrer, rendant ainsi moins prédictibles leurs trajectoires, n'a fait que renforcer la nécessité de s'intéresser à la question. Le chef d'état-major de l'armée de l'air et de l'espace, le général Jérôme Bellanger, comme « un véritable Far West ».
À lire également
« Il s'agit pour la France de faire face de manière crédible à ces nouveaux rapports de force et de pouvoir y exercer une supériorité opérationnelle », a souligné le ministre des Armées Sébastien Lecornu. « Il n'y a souveraineté que si on est capable de la faire appliquer », confirme le général Alexis Rougier. « Dans les prochaines semaines », l'armée de l'air va mener une campagne de tirs en haute altitude avec des Mirage 2000 et des Rafale contre des ballons-cibles du CNES. « Le défi va être de repousser les limites aussi bien des avions et des pilotes que des missiles tout en gérant le risque d'aller chercher l'altitude la plus haute possible pour avoir une première capacité opérationnelle », explique-t-on au sein de l'armée de l'air et de l'espace.
GravitHy : derrière l’investissement de l’américain Ecolab, la problématique de l’enjeu hydrique
Farine d'insectes : Innovafeed lève 51 millions d'euros mais supprime 60 postes
Nucléaire : une nouvelle chaire industrielle pour mieux estimer la durée de vie des centrales
Décarbonation de l’aviation : le pari du e-SAF dans le sud de la France