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Défense et AérospatialeDéfense

Système maritime autonome : Kraken réussit a lever 175 millions de dollars

Photo de Michel Cabirol

Michel CABIROL

Publié le 09 juillet 2026 à 07:00

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Kraken Technology Group a notamment développé le K3 Scout

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L'entreprise britannique Kraken Technology Group a levé 175 millions de dollars. Une opération qui lui permet d'être valorisée un milliard de dollars.

Créée en 2020, l'entreprise britannique Kraken Technology Group a déjà fait sauter la banque en réussissant à lever 175 millions de dollars. Une opération qui lui permet d'être valorisée un milliard de dollars. Mené par Digital Transformation Capital Partners (DTCP), qui investit dans des technologies critiques soutenant l'indépendance souveraine européenne et gère 4,5 milliards d’euros d’actifs (chiffre de juin 2026), ce tour de table de série B permettra d'accélérer « le déploiement mondial de Kraken, permettant ainsi la mise en place, à une échelle sans précédent dans le domaine maritime, de capacités robustes, fiables et prêtes à l’emploi pour l’OTAN et ses partenaires à travers le monde », a souligné le fondateur et PDG de Kraken Technology Group, Mal Crease, cité dans le communiqué publié jeudi.

Ces fonds permettront notamment d’accélérer le développement des capacités de Kraken, dont l'ADN provient d'une équipe de course de bateaux offshore dirigée par Mal Crease (Vector Racing). Cette équipe constitue la base de l'ingénierie Kraken. Plus précisément, ces fonds permettront à Kraken de poursuivre le développement de ses navires de surface sans équipage et des capacités en matière de charge utile, tout en développant rapidement des sites de production locaux à travers le monde. Kraken Technology Group s'set spécialisé dans le développement de plateformes maritimes de nouvelle génération, notamment des navires de surface autonomes (USV), des embarcations rapides et des systèmes de contrôle ouverts destinés aux secteurs de la défense et des applications maritimes civiles. La gamme actuelle de Kraken comprend les navires de surface sans équipage (K3 Scout, K5 Kraken et K7 Sabre) ainsi que la plateforme de surface/sous-marine sans équipage (K4 Manta). 

Un success-story à très grande vitesse

Ce tour de table de série B fait suite à une année couronnée de succès pour Kraken, au cours de laquelle l’entreprise a décroché plusieurs contrats importants auprès du ministère britannique de la Défense, des partenaires européens de l’OTAN et de l’USSOCOM. « Ses plateformes sont désormais déployées pour soutenir de nombreux conflits en cours », a précisé le communiqué. Notamment par les forces ukrainiennes. En 2026, elle a obtenu un contrat de 12,3 millions de livres sterling avec le ministère britannique de la Défense pour développer et livrer des navires de surface autonome. Kraken a déjà livré plus d'une centaine de drones à l'US Navy, à la Royal Navy et à plusieurs marines européennes.

Par ailleurs, Kraken s'est vu attribuer un contrat « Other Transaction Authority » (OTA) d'un montant de 49 millions de dollars par le Commandement des opérations spéciales des États-Unis (USSOCOM). Il vise à soutenir le développement rapide et le prototypage de technologies novatrices pour les navires de surface et sous-marins sans équipage, afin de renforcer les capacités maritimes des forces d'opérations spéciales américaines.

La société a également conclu de nombreux partenariats industriels majeurs afin de se structurer au niveau mondial (approvisionnements et implantations). Elle a notamment conclu des accords avec Rheinmetall en Allemagne (Hambourg), Anduril Industries aux États-Unis en avril dernier (développement conjoint de capacités intégrées à longue portée), et Davie Shipbuilding (filiale d’Inocea) au Canada. Chacune des usines de Kraken est capable de produire jusqu’à 1 000 unités par an afin de répondre aux besoins maritimes des alliés. Kraken s’apprête en outre à annoncer des partenariats similaires au Moyen Orient et dans la région indo-pacifique.

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Un fonds français parmi les investisseurs

Dans le tour de table soutenu par de nombreux investisseurs britanniques et européens (British Business Bank, NIF, le Fonds d’innovation de l’OTAN (NIF), Rheinmetall, le groupe Inocea, ainsi que les sociétés de capital-risque (VC) HICO, Thesiger Capital Group, BOKA Capital, et Hakluyt Capital) se trouve également le fonds français Supernova Invest, grand spécialiste de la deeptech, qui a investi un petit ticket dans Kraken. Il est le seul investisseur français à participer au tour de table. « Kraken s'impose aujourd'hui comme l'un des acteurs les plus avancés de ce marché en pleine structuration », estime le fonds français.

Les premiers investisseurs de la société, tels que le NIF, le Fonds d'investissement stratégique pour la sécurité nationale du Royaume-Uni (NSSIF) et SmartCap, ainsi que les sociétés de capital-risque Notion Capital et Speedinvest, ont également converti leurs participations en actions à la suite de leur participation aux tours de table précédents. Pour Ole Aguirre, associé chez DTCP, « le domaine maritime souffre d’un manque criant d’investissements, et Kraken a joué un rôle de premier plan en mettant sur le marché, en très peu de temps, des navires sans équipage à grande vitesse, abordables et essentiels à l’accomplissement des missions ». Porté par les enseignements des conflits en mer Noire et par les tensions dans des zones comme le détroit d'Ormuz, Kraken est en train de faire évoluer les doctrines navales.

Michel CABIROL

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