ArianeGroup poursuit son redressement financier

Avec les succès d'Ariane 6 en 2025 et celui de 2026, la confiance est revenue au sein d'ArianeGroup.
S MARTIN - © ESA-CNES-ARIANESPACE-ARIANEGROUP / Optique Vidéo du CSG - S MARTIN

Avec les succès d'Ariane 6 en 2025 et celui de 2026, la confiance est revenue au sein d'ArianeGroup.
S MARTIN - © ESA-CNES-ARIANESPACE-ARIANEGROUP / Optique Vidéo du CSG - S MARTIN
ArianeGroup, qui était dans le rouge en 2023 (32 millions d'euros de pertes) a poursuivi lentement son redressement financier. Après être revenue à l'équilibre en 2024 (3 millions d'euros de résultat net), la filiale à 50/50 entre Airbus et Safran a doublé en 2025 son bénéfice, qui s'est élevé à 6 millions d'euros par rapport à l'année dernière. C'est peu en comparaison à 2018, année où le groupe avait dégagé 251 millions de bénéfices.
Toutefois, le futur président exécutif Christophe Bruneau, qui va débuter le 1er avril, va profiter d'un travail de redressement important réalisé par Martin Sion depuis son arrivée en 2023 et qui va rejoindre le groupe Alstom.
Le groupe dual (civil et militaire), qui a réalisé un chiffre d'affaires de 2,56 milliards d'euros, en hausse de près de 3,5% par rapport à 2024, est de retour sur le chemin d'une croissance durable. Après avoir réussi le vol inaugural en juillet 2024 et quatre tirs d'Ariane 6 en 2025, ArianeGroup vise sept à huit lancements à la fois commerciaux et institutionnels en 2026 avec des vols en orbite basse et en géostationnaire. « Ça va être un challenge, mais c'est ce genre de challenge, qui tire tout le monde vers le haut », avait estimé en début d'année le président exécutif d'Arianespace, David Cavaillolès, lors d'une conférence de presse conjointe avec Martin Sion et Yohann Leroy, patron de MaiaSpace.
Les succès de 2025 « nous conduisent à aborder 2026 de manière beaucoup plus sereine », avait pour sa part expliqué Martin Sion lors de cette conférence de presse. Une confiance d'ailleurs renforcée par les performances réalisées par Ariane 6. « Si on regarde le nombre d'anomalies qu'on a sur les vols (d'Ariane 6, ndlr), on a un nombre de particularités extrêmement faible par rapport à ce qui a pu être observé sur Ariane 5 », a précisé le patron d'ArianeGroup. Pour Martin Sion, Ariane 6 est « un lanceur, qui est bien né ». En outre, sur le plan commercial, Arianespace, qui a dans son carnet de commandes une trentaine de lancements à effectuer, est également rasséréné. Soit trois à quatre années de visibilité.
Objectif principal pour 2026 et les années suivantes, poursuivre la montée en cadence opérationnelle et industrielle (« ramp-up ») des lanceurs Ariane 6. En février, Ariane 6, dans sa configuration la plus puissante, a déjà mis sur orbite lors de son premier vol de l'année, 32 satellites de la constellation Amazon Leo. Il s'agissait du plus grand nombre de satellites jamais emportés par un lanceur Ariane à ce jour. « Il s'agit d'une montée en cadence unique pour un lanceur lourd », s'était réjoui le président exécutif.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

À lire également
Au-delà, Martin Sion avait rappelé que le budget triennal (2026-2028) de l'Agence spatiale européenne (22,25 milliards d'euros) sera en croissance de plus de 30% par rapport à la période 2023-2025. « Parmi ces sujets spatiaux, la partie du transport spatial est en très forte augmentation », avait-il précisé. C'est également le cas pour le spatial de défense. La croissance est à portée de mains pour ArianeGroup qui devra cravacher pour aller la capturer. Arianespace a « de nombreux créneaux disponibles » pour Ariane 6 à partir du second semestre 2028, puis en 2029 et 2030. « On espère voir les commandes affluer », avait-il averti. Si c'est le cas, ArianeGroup devrait de façon progressive retrouver ses anciens standards de profitabilité.
▶️ Les technologies aéronautiques et spatiales du futur : retrouvez l’émission Air&Défense
▶️ L'Onera, laboratoire indispensable de la défense française : retrouvez l’émission Air&Défense
Aéronautique, spatial, défense : souveraineté, la fin des illusions
Frais de sièges, fautes de frappe... Ce que l'accord à Bruxelles va changer pour vos billets d'avion