La conférence ministérielle de l'Agence spatiale européenne (ESA) de Brême est un grand succès pour l'espace. Les pays membres de l'ESA ont porté le budget triennal (2026-2028) de l'agence à 22,25 milliards, dont 5,1 milliards provenant de l'Allemagne et 3,7 milliards de la France. Un budget en croissance de plus de 30% par rapport à 2023-2025.La conférence ministérielle de l'Agence spatiale européenne (ESA) s'est achevée sur un très beau succès pour l'Europe qui monte en puissance dans le secteur clé de l'espace pour renforcer et garantir un peu plus sa souveraineté. C'est aussi un très beau succès personnel pour le directeur général de l'ESA, Josef Aschbacher, qui a réussi une formidable levée de fonds en récoltant 22,25 milliards d'euros sur la période 2026-2028 (contre 16,9 milliards à Pafris en 2022 -2023-2025 - et 14,5 milliards en 2019) provenant des 23 pays membres de l'agence. Soit un bond de plus de 30% (33%).
Selon l'ESA, plus de 1,5 milliard d'euros d'investissements privés ont irrigué en 2024 le secteur spatial européen. Soit une croissance de 56 % par rapport à 2023. Cette montée en puissance de l'Europe devrait réduire un peu les écarts en matière de dépenses spatiales face aux grandes puissances mondiales. A ce jour, les dépenses publiques européennes dans le domaine spatial représentent 0,06 % du PIB, derrière la Chine (0,08 %), la Russie (0,17 %) et les États-Unis (0,27 %).
Et la France ?
Quant à la France, qui augmente sa contribution de 500 millions d'euros sur la période 26-28 (contre 3,2 milliards sur la période 23-25), elle s'en sort plutôt bien lors de ce sommet spatial, qui aurait pu être cauchemardesque. Elle conserve sa place de deuxième nation spatiale au sein de l'ESA en abondant finalement le budget de l'agence à hauteur de 3,7 milliards d'euros (conditions économiques 2025) . Certes loin, très loin derrière l'Allemagne (5,1 milliards d'euros) mais encore devant l'Italie (3,5 milliards, contre 3 milliards en 2022).
Berlin, qui a augmenté sa contribution de 1,6 milliard par rapport à la conférence ministérielle de Paris en 2022 (3,5 milliards), écrase tout. L'Allemagne, qui a beaucoup misé d'argent sur le programme américain Artemis, va contribuer pratiquement pour un quart du budget de l'ESA sur 26-28 (22,9%).
Répartition des budgets