Artémis 2 : la Nasa a acheminé sa fusée lunaire sur le pas de tir
latribune.fr
Fin 2025, la Nasa a surpris en évoquant un lancement possible d'Artémis 2 dès février, sous la pression de l'administration Trump, désireuse de gagner une " deuxième course à l'espace " face à la Chine.
La Nasa a mené à terme samedi l’acheminement de sa fusée géante SLS vers le pas de tir 39B du Centre spatial Kennedy, en Floride. Une étape clé avant le lancement très attendu de la mission Artémis 2, premier vol habité autour de la Lune depuis plus d’un demi-siècle.
Plus de cinquante ans après Apollo, les États-Unis se rapprochent concrètement de leur retour vers la Lune. La Nasa a achevé samedi soir le transfert de sa fusée Space Launch System (SLS) depuis le bâtiment d’assemblage jusqu’au complexe de tir 39B du Centre spatial Kennedy. L’opération, entamée à l’aube, s’est étalée sur près de douze heures et constitue l’une des dernières grandes étapes avant le décollage de la mission lunaire Artémis 2.
L’imposante fusée orange et blanche, haute de 98 mètres avec sa capsule Orion, doit désormais subir une série de tests et une répétition générale de lancement. Si ces vérifications sont concluantes, un décollage pourrait intervenir dès le 6 février, première fenêtre envisagée par la Nasa, dans une période allant de début février à fin avril.
« Nous sommes en train d’écrire l’Histoire », s’est enthousiasmé John Honeycutt, responsable du programme SLS, lors d’un point presse. La mission doit emmener quatre astronautes — trois Américains et un Canadien — pour un survol de la Lune d’une durée d’une dizaine de jours, une première depuis Apollo 17 en 1972.
Une nouvelle course à l’espace
Les astronautes Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Hammock Koch et le Canadien Jeremy Hansen ont assisté samedi au déplacement de la fusée.
« Dans quelques semaines seulement, vous allez voir quatre humains voler autour de la Lune », a déclaré Jeremy Hansen. « Si nous en sommes capables aujourd’hui, imaginez ce que nous pourrons faire demain ».
« Nous tentons le tout pour le tout afin de rendre l’impossible possible », a renchéri Victor Glover.
Au-delà de la performance technique, Artémis 2 constituera une première à plusieurs égards : il s’agira du premier vol lunaire habité incluant une femme, une personne non blanche et un astronaute non américain. La mission doit préparer Artémis 3, censée marquer le retour d’astronautes sur le sol lunaire et l’établissement d’une présence humaine durable.
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Annoncé lors du premier mandat de Donald Trump, le programme Artémis a connu de nombreux retards, malgré le succès d’Artémis 1 en novembre 2022. Fin 2025, la Nasa a surpris en évoquant un lancement possible d’Artémis 2 dès février, sous la pression de l’administration Trump, désireuse de gagner une « deuxième course à l’espace » face à la Chine.
Washington comme Pékin ambitionnent désormais d’envoyer des humains sur la Lune d’ici 2 030 et d’y installer une base permanente. Si Artémis 3, aujourd’hui prévue pour mi-2027, pourrait encore être retardée — notamment en raison de l’état d’avancement de l’alunisseur développé par SpaceX — Artémis 2 marque déjà un jalon stratégique majeur pour les États-Unis.