L’Agence spatiale européenne vise une année record pour ses lancements
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L'ESA dispose cette année d'un budget de 8,26 milliards d'euros.
EG/ - REUTERS - ERIC GAILLARD
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L'ESA dispose cette année d'un budget de 8,26 milliards d'euros.
EG/ - REUTERS - ERIC GAILLARD
L’Agence spatiale européenne (ESA) se prépare à changer d’échelle. En 2026, l’institution prévoit de lancer « jusqu’à 65 » satellites et missions, un niveau inédit après un précédent record de 46 lancements enregistré l’an dernier. L’annonce a été faite jeudi à Paris par le directeur général de l’ESA, Josef Aschbacher, lors d’une conférence de presse qui a mis en lumière l’accélération du programme spatial européen dans un contexte de forte concurrence internationale.
Pour soutenir cette montée en puissance, l’ESA dispose cette année d’un budget de 8,26 milliards d’euros. Une enveloppe significative, orientée en priorité vers l’observation de la Terre, qui captera environ 30 % des crédits, soit 2,4 milliards d’euros. Ces investissements doivent notamment permettre le lancement de 48 nouveaux satellites, essentiels pour le suivi du climat, la gestion des ressources naturelles et les applications économiques liées aux données spatiales.
Les autres grands postes budgétaires confirment les priorités industrielles et technologiques de l’agence : plus de 1,2 milliard d’euros seront consacrés à la navigation, 996 millions aux communications et 818 millions aux programmes d’exploration humaine et robotique.
Sur le plan des lanceurs, l’ESA affiche un regain de confiance après plusieurs années de transition. « Nous sommes sur la bonne voie pour accélérer davantage nos lancements d’Ariane 6 et de Vega-C » et « atteindre la cadence visée au cours des prochaines années », s’est félicité Josef Aschbacher. Un signal positif pour la filière européenne des lanceurs, stratégique pour l’autonomie d’accès à l’espace et l’attractivité industrielle du continent.
Côté exploration et science spatiale, l’agence gère actuellement un portefeuille de 15 missions en cours et 12 en préparation. Parmi les temps forts de l’année figure le prochain vol de l’astronaute française Sophie Adenot vers la Station spatiale internationale (ISS), avec une fenêtre de lancement qui s’ouvrira le 15 février. « Je lui souhaite beaucoup de succès, de mener de nombreuses expériences et de revenir avec de nouvelles inspirations à partager avec le monde », a déclaré le directeur général, rappelant que « l’objectif principal de nos astronautes à bord de la station spatiale est véritablement de faire progresser la science et la technologie ».
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L’ESA est également engagée dans les grandes coopérations internationales, à commencer par le programme lunaire Artemis. L’agence fournira le module de service ESM de la capsule Orion pour la mission Artemis II, qui doit emmener trois astronautes de la Nasa et un astronaute canadien autour de la Lune. « La date du vol est évidemment sous le contrôle de la Nasa, mais ce qui a été rendu public, c’est que cela se situerait entre le premier et le deuxième trimestre de cette année », a précisé Josef Aschbacher.
Sur le front scientifique, plusieurs missions majeures jalonneront l’année. La mission Smile, développée avec la Chine pour étudier les interactions entre la magnétosphère terrestre et le vent solaire, doit être lancée entre le 8 avril et le 7 mai. En mai, le télescope FlyEye, dédié à la détection systématique des astéroïdes géocroiseurs, sera inauguré en Sicile. En novembre, la mission Hera rejoindra les astéroïdes Dimorphos et Didymos afin d’analyser les effets d’un impact volontaire réalisé par la Nasa pour dévier leur trajectoire, tandis que Bepi-Colombo atteindra enfin Mercure et se placera en orbite autour de la planète.
Avec cette feuille de route ambitieuse, l’ESA entend consolider son rôle d’acteur clé de l’économie spatiale mondiale, en combinant retombées industrielles, souveraineté technologique et production de données à forte valeur ajoutée pour les États et les entreprises européennes.
(avec AFP)
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