L'Europe est bel et bien sur une strapontin (et un petit) dans le domaine de l'exploration spatiale qui concerne essentiellement des missions vers la Lune et Mars. Et il n'y a pas vraiment photo ! Sur les 27 milliards de dollars d'argents publics investis dans le monde en 2024 dans ce domaine, les Etats-Unis en ont financé 63 % (17 milliards de dollars), la Chine 22 % (près de 6 milliards) et l'ESA seulement 6 % (soit 1,6 milliard), selon le cabinet Novaspace. Des chiffres extrêmement intéressants au moment où la Nasa s'apprête à couper dans des programmes réalisés dans le cadre de coopérations internationales, dont certains projets dans Artemis (Orion, Lunar Gateway), le programme spatial de vols habités réalisé avec l'Agence spatiale européenne (ESA).
Ces dépenses pourraient atteindre près de 31 milliards de dollars d'ici à 2034. Plus de 850 missions d'exploration spatiale sont prévues au cours de la prochaine décennie, ce qui représente une hausse significative par rapport aux 300 missions environ lors des dix années précédentes. L'exploration lunaire (vols robotiques et vols habités) représentera la plus grande part des missions (38 % du total), suivie de près par les missions d'astronomie et d'astrophysique.
Lors des cinq dernières années, le financement des programmes d'exploration lunaire a fortement augmenté, observe Novaspace. Les dépenses ont dépassé la barre des 11 milliards de dollars en 2024 (en hausse de 13 % par an depuis 2015). La Lune est revenue au centre des politiques de nombreuses agences spatiales. Ainsi, 30 pays financent des projets lunaires. Cette croissance des dépenses a été principalement générée par les programmes de vols habités et pour le soutien des missions robotiques récentes et à venir. Selon le cabinet, les investissements mondiaux devraient continuer à augmenter jusqu'à atteindre 15 milliards de dollars en 2034.