La France en ordre de bataille pour le sommet de l'Agence spatiale européenne

Le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace, Philippe Baptiste
Rémi Benoit

Le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace, Philippe Baptiste
Rémi Benoit
Emmanuel Macron a sifflé la fin de la récréation à quelques jours de la conférence ministérielle de l'Agence spatiale européenne (ESA), qui se tient mercredi et jeudi en Allemagne (Brême) et qui décidera du niveau des ambitions de l'Europe en matière spatiale. Le président a souhaité que la France tienne son rang de leader européen dans le spatial. Selon nos informations, il semblerait à peu près acquis que la contribution française, qui va alimenter le budget de l'ESA sur la période 2026-2028, devrait s'élever entre 3,5 et 3,6 milliards d'euros. Une somme jugée maximale par l’État mais considérée comme un minimum par l'industrie spatiale française, qui demande une contribution de 4,5 milliards. Cet effort dans la dernière ligne droite portera notamment sur l'exploration spatiale, selon les vœux d'Emmanuel Macron.
Il n'est pas non plus impossible que Paris puisse mettre un peu plus d'argent à Brême grâce à certaines marges de manœuvre existantes. Ainsi, le ministère de l'Espace pourrait avoir l’autorisation de s'engager sur une contribution d'un peu plus de quatre milliards d'euros en utilisant les reliquats financiers de la France non dépensés par l'ESA. « Ce n'est pas non plus certain. Tout dépendra de la dose de confiance et d'hypothèses sur les années 2027 et 2028 pour s'engager sur une trajectoire plus ambitieuse », estime une source proche du dossier. Une ambition qui reste toutefois très éloignée de celle de l'Allemagne, qui poursuit massivement son réarmement dans le spatial.
Pendant longtemps jusqu'à cet automne, les négociations entre les différents ministères (Espace, Bercy et Armées) et les industriels ont porté sur une contribution évaluée entre 2,7 milliards - un montant défendu par le CNES pour préserver une ambition nationale - et 3,3 milliards d’euros. Puis les lignes ont commencé à bouger en octobre à la suite d’une grosse campagne des grands industriels. Il était alors question d'une contribution atteignant 3,4/3,5 milliards d’euros, dont 1,8 milliard vers la filière lanceur, tout en continuant à financer les programmes déjà lancés par l'ESA (2,3 milliards d'euros, lanceur compris).
Enfin, le ministère des Armées, qui a renoncé dans la loi de programmation militaire au troisième satellite de télécoms Syracuse 4C au profit du programme IRIS², devrait quant à lui également apporter une aide modeste à la constellation européenne dans le cadre d'un soutien de l'ESA. Mais, poussés par l’ambition spatiale de l'Élysée, les ministères ont consenti à augmenter la contribution française qui devrait finalement atteindre au moins 3,5/3,6 milliards d'euros. Tant bien mal, la France s'est mise en ordre de bataille pour une conférence ministérielle
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Pour autant, la contribution française ne sera pas à la hauteur de celle de l'Allemagne. Berlin souhaite investir lors de la prochaine conférence ministérielle de l’ESA au moins cinq milliards d’euros. Quant à l’Italie, elle pourrait mettre au moins quatre milliards d’euros grâce au plan de relance de juillet 2020 de la Commission européenne pour atténuer les effets du Covid. Rome mise beaucoup sur le spatial. Enfin, la contribution de la Grande-Bretagne pourrait atteindre autour de 2,5 milliards d’euros au maximum. Mais jusqu'au dernier moment, tous les coups de bluff sont possibles...
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