C'est devenu une ritournelle. Lors de ses derniers discours dans le domaine de la défense, Emmanuel Macron a pris l'habitude de bousculer, d'houspiller, de secouer, voire d'asticoter l'industrie de l'armement. « Nos entreprises du secteur doivent s'habituer à prendre davantage de risques. À s'habituer à prendre des risques sans forcément sécuriser toutes les commandes, comme on le fait dans beaucoup de secteurs, à produire aussi plus vite, à mobiliser les programmes et les financements européens... », a-t-il lancé lundi lors de son dernier discours aux armées, la veille du 14 juillet où la France va montrer ses muscles (15 % de troupes à pied en plus, 30 % de véhicules en plus et 30 % d'aéronefs en plus lors du défilé militaire par rapport à 2025). Une démonstration de force dans le droit fil des récentes déclarations du président de la République : « pour rester libre, il faut être craint. Pour être craint, il faut être puissant. Et pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort ».
Pour Emmanuel Macron, qui a lancé il y a un peu plus de quatre ans l'économie de guerre, les efforts consentis par l'industrie de l'armement ne sont pas encore suffisants « face à la concurrence internationale, à l'accélération dans tous les domaines du jeu, à l'émergence de nouveaux compétiteurs, y compris insoupçonnés parfois il y a quelques mois ». Il a d'ailleurs fustigé « les rentes de situation ». « Nous devons continuer d'investir davantage, tant des fonds publics européens que des fonds publics nationaux, mais aussi des fonds privés. Nous devons innover », a-t-il demandé aux industriels. Notamment dans le spatial où « il faut continuer d'accélérer ». A cet égard, le sommet que la France va organiser en septembre prochain « permettra d'avancer ». Il a rappelé le soutien de la France à l'opération Bromo, qui doit fusionner les activités spatiales d'Airbus, de Thales et de Leonardo pour « créer plus de synergies ».