Le cocktail de crises qui explique l'inexorable montée de l'épargne en France
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le taux d'épargne se situe toujours au dessus de 18% en France.
BT/JKP - REUTERS - BENOIT TESSIER
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le taux d'épargne se situe toujours au dessus de 18% en France.
BT/JKP - REUTERS - BENOIT TESSIER
Mais pourquoi les Français continuent à mettre autant d'argent de côté ? Six ans après la pandémie, le mystère se lève progressivement. Le taux d'épargne dans l'Hexagone se maintient à des niveaux historiques. Après avoir atteint un record depuis les années 1970 il y a un an (18,8 %), la part du revenu épargné est certes redescendue à 18,4 % au troisième trimestre 2025 mais demeure inexorablement au-dessus des niveaux enregistrés avant la crise sanitaire (autour de 15 %).
Dans un bulletin consulté en avant-première par La Tribune, la Banque de France a passé au crible les principaux facteurs de cette épargne record entre 2019 et 2024. « Pendant la période Covid, c'était une épargne forcée. Les ménages ne pouvaient pas sortir et ils continuaient de percevoir des revenus. Mécaniquement, le taux d'épargne a atteint des sommets », affirme Camille Thubin, chef du service des études macroéconomiques et des prévisions, à la Banque de France.
S'agissant de 2025 et 2026, la banque centrale estime que le sérieux coup de frein de l'inflation en France et l'assouplissement de la politique monétaire devraient amener les ménages à moins épargner. En revanche, l'incertitude sur la situation politique en France et la politique commerciale chaotique du président Trump devraient continuer de jouer à moyen terme sur l'épargne des Français. « Si on regarde l'incertitude politique, on arrive à expliquer 0,5 point du taux d'épargne fin 2024 », développe Camille Thubin.
À lire également
Dans leur étude, les économistes expliquent que les ménages adaptent leur épargne face aux fluctuations de leurs revenus. « Lorsque le revenu courant augmente de manière non anticipée, ou lorsque les ménages considèrent les hausses courantes de leur pouvoir d’achat comme seulement transitoires, leur consommation reste stable et leur épargne augmente ».