Faute de mesures fortes sur les dépenses et les recettes dans le prochain budget, Bruxelles anticipe une remontée du déficit public à 5,7 % du PIB en 2027.Le quinquennat du prochain président de la République pourrait bien mal commencer. Dans son rapport sur la France publié mercredi 3 juin, la Commission européenne fait une prévision très alarmante. Selon l’institution, faute de mesures fortes sur les dépenses et les recettes dans le prochain budget, le déficit public de l’Hexagone pourrait grimper à 5,7 % du PIB en 2027 (environ 170 milliards d’euros), l’un des pires déficits de la zone euro et très loin de l'objectif initial de 3 % en 2029. Dès 2027, en suivant le scénario de la Commission, le ratio de dette sur PIB de la France s’élèverait à 120,2 %.
Pour Bruxelles, cette hausse brutale du déficit s’expliquerait principalement par l’augmentation de la dépense publique qui, à politique inchangée, grimperait à 57,8 % du PIB l’année prochaine — pour rappel, elle s’élevait à 57,2 % en 2025, soit le second taux le plus élevé de la zone euro.
Cette année, la Commission européenne anticipe un déficit très légèrement supérieur à 5,1 %. De son côté, le gouvernement de Sébastien Lecornu lutte depuis le début de la crise au Moyen-Orient, le 28 février, pour tenir le cap des 5 %. Ces derniers jours, Bercy a transmis au Parlement le détail des mesures qu’il va mettre en œuvre pour freiner la dépense de l’État — 2,9 milliards d’euros de crédits gelés et 847 millions d’euros annulés (3,7 milliards au total) — et de la Sécurité sociale — 2,2 milliards d’euros via le gel des allègements généraux de cotisations patronales sur les bas salaires.
Suivre la trajectoire de désendettement
Dans ce contexte, Bruxelles insiste dans ses recommandations pour que la France suive scrupuleusement la trajectoire de désendettement établie le 21 janvier 2025. Celle-ci se fonde sur un indicateur méconnu du public : le taux de croissance de la dépense primaire nette (DPN). Pour faire simple, il correspond à l’évolution de la dépense publique, nette de la charge d’intérêt de la dette, de mesures nouvelles de hausse ou de baisse des prélèvements obligatoires ou encore de dépenses conjoncturelles liées aux indemnités chômage.