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Hausse du Smic : le gouvernement gèle les allègements de charges

latribune.fr

Publié le 22 mai 2026 à 07:14

Le ministre des Comptes publics, David Amiel.

Le ministre des Comptes publics, David Amiel.

NurPhoto via AFP - Adnan Farzat/NurPhoto - ADNAN FARZAT

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Malgré la hausse automatique du Smic provoquée par l’envolée de l’inflation, le gouvernement a décidé de geler les allègements de cotisations sociales des entreprises, au risque d’alimenter la colère du patronat.

La hausse automatique du Smic au 1er juin n’entraînera pas de nouveau coup de pouce aux entreprises sur les exonérations de cotisations sociales. Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a confirmé vendredi le gel de l’enveloppe consacrée aux allègements généraux, dans un contexte de fortes tensions budgétaires liées à la guerre au Moyen-Orient et à la flambée des prix de l’énergie.

« Au 1er juin prochain, le gouvernement a décidé que l’enveloppe budgétaire dédiée aux allègements généraux n’augmentera pas. Elle ne baissera pas » non plus, a déclaré le ministre sur TF1. Le montant consacré à ces exonérations restera donc fixé aux quelque 74 milliards d’euros inscrits dans le budget 2026.

Cette décision intervient alors que la revalorisation du Smic, déclenchée par l’accélération de l’inflation liée aux tensions géopolitiques et au blocage du détroit d’Ormuz, va mécaniquement accroître les coûts salariaux pour les entreprises. Habituellement, une hausse du salaire minimum entraîne aussi une augmentation des dispositifs d’allègements de charges afin de préserver le coût du travail sur les bas salaires. Mais l’exécutif refuse cette fois d’ouvrir davantage les vannes budgétaires. « Nous avons, depuis le début de cette crise, décidé d’engager (...) des aides ciblées et des aides financées », a rappelé David Amiel.

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Selon le ministre, une hausse automatique des exonérations représenterait « plus de 2 milliards d’euros » supplémentaires pour les finances publiques. Une mesure jugée inefficace par le gouvernement, car elle ne serait « pas ciblée ». Elle bénéficierait « à la fois à des entreprises qui vont mal et des entreprises qui vont bien, des entreprises qui sont en première ligne face à la crise (...) et d’autres qui le sont beaucoup moins, des entreprises qui augmentent les salaires et d’autres qui ne le font pas », a-t-il détaillé.

Le gouvernement insiste également sur la nécessité de préserver la trajectoire budgétaire alors que le coût économique du conflit au Moyen-Orient s’alourdit de semaine en semaine. « Ces nouveaux allègements, en outre, ne seraient évidemment pas financés puisque ce n’était pas prévu dans le budget, pour un coût très important », a ajouté le ministre.

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Levée de boucliers patronale

La décision suscite toutefois une forte inquiétude du côté des organisations patronales. Depuis plusieurs jours, les représentants des entreprises dénoncent une « double peine » : l’augmentation automatique des salaires d’un côté, sans compensation via les exonérations de charges de l’autre.

Les secteurs les plus intensifs en main-d’œuvre, notamment dans les services, le commerce ou l’hôtellerie-restauration, craignent une dégradation rapide de leurs marges dans un contexte déjà marqué par la hausse des coûts énergétiques et du financement.

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Cette séquence illustre le changement de doctrine budgétaire du gouvernement. Après plusieurs années de soutien massif et relativement horizontal aux entreprises pendant les crises sanitaire et énergétique, l’exécutif privilégie désormais des dispositifs plus ciblés afin de limiter la dérive des comptes publics.

David Amiel a d’ailleurs reconnu que le coût budgétaire global de la guerre dépasserait largement les premières estimations gouvernementales. Il sera « très certainement davantage que 6 milliards d’euros », a-t-il affirmé, « puisqu’on le voit, le conflit a tendance à s’enkyster dans le détroit d’Ormuz ».

Croissance revue à la baisse

Cette prudence budgétaire intervient alors que les perspectives économiques se dégradent. Jeudi, le Fonds monétaire international a abaissé sa prévision de croissance pour la France en 2026 à 0,7 %, contre 0,9 % auparavant. Le gouvernement continue néanmoins d’afficher un scénario plus optimiste.

Malgré ce ralentissement, David Amiel a voulu écarter le spectre d’une récession. « Nous sommes très, très loin d’une récession » et « nous tenons d’ailleurs mieux que beaucoup d’autres pays européens », a-t-il assuré.

L’exécutif cherche désormais un équilibre délicat : contenir l’impact économique du choc géopolitique sans ouvrir un nouveau cycle de dépenses massives qui compliquerait encore le redressement des finances publiques françaises.

latribune.fr

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