Inflation : quand la réalité contredit les propos de Trump

Donald Trump avait mis la reconquête du pouvoir d'achat des Américains au cœur de sa campagne pour l’élection présidentielle de l’automne 2024 (photo d'archive).
REUTERS/Jonathan Ernst

Donald Trump avait mis la reconquête du pouvoir d'achat des Américains au cœur de sa campagne pour l’élection présidentielle de l’automne 2024 (photo d'archive).
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Trump a fait du Trump. Mardi, lors d’un meeting en Pennsylvanie, le président américain a déclaré que « les prix baissent de manière assez substantielle » outre-Atlantique. Notamment pour des produits clés dans le quotidien des Américains, comme le bœuf, les œufs, le café, ou l’essence.
Des allégations que Donald Trump répète à l’envi ces dernières semaines. Plus tôt mardi, dans une interview au journal Politico, le dirigeant américain avait déjà quasiment tenu les même propos. « Tous les prix baissent. Ça fait dix mois. C'est incroyable ce qu'on a accompli », s’est-il vanté. D’autant plus que, selon lui, il a « hérité d’une situation catastrophique » et « absolument désastreuse » en prenant la relève de Joe Biden.
Pourtant, lorsque l’on se penche sur la courbe de l’inflation aux États-Unis, force est de constater qu’elle est repartie à la hausse ces derniers mois. Elle a d’abord baissé entre février, premier mois sous l’administration Trump, et mai, passant de 2,8 % à 2,4 %. Puis elle est repartie à la hausse dès le mois de juin jusqu’à atteindre 2,9 % en août, avant de légèrement reculer en septembre à 2,8 % – dernier chiffre disponible en raison de la longue paralysie budgétaire qui a récemment touché l’administration américaine.
A contrario, l’inflation à la fin du mandat de Joe Biden suivait plutôt une tendance à la baisse, avant de reprendre une légère hausse. S’il est vrai qu’elle se situait à un niveau plus élevé que celle actuelle, les raisons sont davantage à chercher du côté du contexte géopolitique international que de la politique appliquée par le démocrate.
Les États-Unis, comme toutes les grandes économies, ont été frappés par une accélération galopante des prix à partir de 2022, portés par l’explosion des coûts de l’énergie consécutivement à l’invasion russe en Ukraine. Une crise qui a succédé de près à la pandémie de Covid-19, qui avait déjà fragilisé l’économie et participé à faire augmenter progressivement l’inflation.
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Si Donald Trump nie cette réalité – comme souvent quand un sujet ne lui est pas favorable –, c’est notamment parce qu’il avait mis la reconquête du pouvoir d'achat des Américains au cœur de sa campagne pour l’élection présidentielle de l’automne 2024. Il avait notamment promis que, durant son second mandat, « les revenus exploseraient, l'inflation disparaîtrait complètement, l'emploi se redresserait en force et la classe moyenne prospérerait comme jamais auparavant », rappelle le média britannique The Economist.
S’il n’est là certes que depuis dix mois, et qu’il lui reste donc encore un peu plus de trois ans pour redresser la barre, les Américains s’attendaient visiblement à du mieux dès son arrivée. Alors que l’appréciation de sa gestion de l'économie et de l'inflation était globalement positive peu après son investiture, elle a depuis chuté, selon The Economist.
La cote de popularité de Donald Trump s’avère en effet fortement négative ces dernières semaines. 38 % des Américains approuvent sa gestion de la présidence contre 57 % qui la désapprouvent, selon le dernier sondage The Economist/YouGov sorti la semaine dernière, alors qu’ils étaient plus nombreux à l’adouber au début de son mandat.
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Ce n’est pourtant pas une surprise : nombre d’économistes et d’experts avaient alerté sur les conséquences de ces politiques, prônés par Trump pendant la campagne. Ce qui n’a pas empêché une majorité d’Américains de voter pour lui, à regret peut-être aujourd’hui. « Beaucoup d'électeurs indécis ont voté pour Trump par nostalgie du calme relatif qui régnait avant la pandémie. Ils ne pensaient pas voter pour un traumatisme politique permanent », résume l’économiste américain Paul Krugman dans une analyse publiée ce mercredi.