Santé mentale au travail : les secteurs où elle progresse et ceux où elle recule

Selon l'enquête publiée ce jeudi, 19 % des travailleurs qualifient leur santé mentale de "mauvaise" et 3 % de "très mauvaise". (photo d'illustration).
DR

Selon l'enquête publiée ce jeudi, 19 % des travailleurs qualifient leur santé mentale de "mauvaise" et 3 % de "très mauvaise". (photo d'illustration).
DR
Faire de la santé mentale la « grande cause nationale » de 2025 a favorisé « la levée du tabou », estime Qualisocial. La santé mentale des travailleurs s’améliore en ce début d’année en France, selon un baromètre du cabinet spécialiste de la santé mentale au travail avec Ipsos, publié ce jeudi : 19 % des travailleurs qualifient leur santé mentale de « mauvaise » et 3 % de « très mauvaise », soit 22 % en tout, contre 25 % l’an dernier et 26 % en 2024.
Dans le détail, d’un secteur à l’autre, les tendances divergent. L’industrie et la logistique connaissent des reculs marqués de la santé mentale des salariés, tandis qu’elle s’améliore fortement dans l’administration publique, la restauration et la presse, et reste dégradée dans l’action sociale.
Même si près de six millions de travailleurs s’estiment encore en mauvaise santé mentale, cette évolution « constitue une bonne nouvelle », selon Qualisocial. L’étude souligne que 61 % des travailleurs ont plus de facilité à évoquer ces sujets au travail qu’il y a quelques années.
Toutefois, le cabinet spécialiste de la santé mentale au travail souligne que cette amélioration s’inscrit « dans une trajectoire attendue : les niveaux observés ces dernières années demeuraient particulièrement élevés au regard de la période pré-Covid-19 ».
Avant le Covid, entre 16 % et 18 % des travailleurs se déclaraient en mauvaise santé mentale, selon Santé publique France. « Si la dynamique actuelle se poursuit, un retour aux niveaux pré-Covid-19 apparaît envisageable à l’horizon 2030 », prévoit le cabinet.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Sur un an, l’amélioration est plus sensible pour les femmes. Elles se disent en moins bonne santé mentale que les hommes, mais l’écart se réduit. Dans cette étude, 74 % d’entre elles se disent en bonne ou très bonne santé mentale contre 80 % des hommes.
Le baromètre souligne que les organisations dotées de plans de prévention des risques psychosociaux obtiennent des résultats bien meilleurs de leurs équipes, notamment en termes d’implication. Or, un salarié sur deux n’a toujours aucun accès à des mesures de prévention au sein de son organisation, un manque particulièrement criant dans l’enseignement.
Enfin, si le travail reste « un déterminant majeur », il ne représente la cause principale de dégradation de leur santé mentale que pour 21 % des travailleurs, derrière le contexte national pour 32 % et des facteurs individuels pour 38 %.
La « grande cause nationale » 2026 sera, comme en 2025, dédiée à la santé mentale avec des « actions plus concrètes », a annoncé Matignon fin novembre. Cette cause, annoncée par Michel Barnier en septembre 2024 puis lancée en janvier 2025, a « ouvert un nouveau chapitre dans la manière d’aborder la santé mentale en France : une parole simple, directe, bienveillante et accessible partout sur le territoire », estime Matignon.
Maintenant que « la France a commencé à changer son regard sur la santé mentale », l’objectif est « d’aller plus loin : renforcer la coordination interministérielle, amplifier le soutien aux familles, aux associations et aux territoires, et poursuivre l’élan collectif qui a émergé en 2025 », selon le gouvernement.
« Cette nouvelle phase doit se traduire par des actions plus concrètes et plus visibles pour les Français », ajoute Matignon, et « cela implique d’appuyer davantage les initiatives locales », des écoles aux associations en passant par les entreprises, de mieux faire connaître les ressources d’aide, et d’intégrer la santé mentale à toutes les politiques publiques.
À lire également
Une prise en charge complexe du burn-out
La prise en charge du burn-out, elle, reste complexe. Considéré comme un syndrome ou un risque psychosocial et non une maladie, il ne figure pas dans les tableaux des maladies professionnelles de la Sécu, ce qui complique sa reconnaissance. Le salarié doit prouver que son état est causé par son travail et qu’il entraîne une incapacité permanente d’au moins 25 %. La reconnaissance passe parfois par le classement, après une crise aiguë, en accident du travail.
(Avec AFP)
L'opération d'aménagement Bordeaux Euratlantique fragilisée par un lourd déficit
Gérard Mestrallet : « IMEC doit être un corridor vivant qui irrigue en économie, en croissance, en emploi »
Immobilier : la mutuelle étudiante Smerra vole au secours des auberges de jeunesse
🔴 Accord avec l'Iran, SpaceX, bourses étudiantes… L'essentiel de l'actualité ce vendredi 12 juin