Le Premier ministre prévoit 31 milliards d’euros d’économies dans le projet de loi de finances pour 2026. À ce stade, la baisse de la dépense est plus forte que les hausses d’impôts. Mais le ratio pourrait vite s’inverser sous l’impulsion du Parlement.C’est dans des conditions politiques difficiles, le jour même de la déclaration de politique générale (DPG) de Sébastien Lecornu, que le gouvernement a dévoilé, mardi 14 octobre, le projet de loi de finances pour 2026. Un budget que le Premier ministre a qualifié de « sérieux et fiable pour la France, utile et bon pour les Français » au perchoir de l’Assemblée nationale. Un budget dont le locataire de Matignon – renommé par Emmanuel Macron le vendredi 10 octobre – sait qu’il sera largement amendé par le Parlement. Et ce, d’autant plus qu’il a renoncé à faire usage de l’article 49-3 de la Constitution qui lui aurait permis de le faire adopter sans vote.
La copie budgétaire présentée par Sébastien Lecornu est, à peu de chose près, celle que l’ancien Premier ministre, François Bayrou, avait commencé à dévoiler à la mi-juillet lors de son « moment de vérité ». Le Premier ministre Lecornu entend ramener le déficit public à 4,7 % fin 2026 (144,1 milliards d’euros) tout en espérant tenir la cible de 5,4 % en 2025.
31 milliards d'euros d'économies
Pour y arriver, l’ancien maire de Vernon compte réaliser 31 milliards d’euros d’économies budgétaires : 17 milliards en baisse de dépenses et près de 14 milliards d’euros – 13,7 milliards précisément – en hausse de recettes. Mais, techniquement, la copie budgétaire a laissé sceptique le Haut conseil des finances publiques (HCFP) dans son avis rendu lundi 13 octobre. L’organisme rattaché à la Cour des comptes déplorant que, notamment du côté des recettes, beaucoup de mesures restent « très peu documentées » par Bercy.
Sur le volet des dépenses, le gouvernement compte demander un effort important à l’État. Sébastien Lecornu avait annoncé que « le train de vie » de l’État allait être réduit de 6 milliards d’euros en 2026. 3 000 postes de fonctionnaires devraient être supprimés. La majorité des crédits des ministères baisseront en valeur à l’exception notable de celui de la Défense (+6,7 milliards d’euros). Autre exemple, le recentrage du dispositif MaPrimeRénov devrait rapporter 500 millions d’euros.