Vieillissement de la population : l'immense défi qui attend la France sur l'autonomie

Les 60 ans ou plus devraient passer de 18,1 millions en 2021 à 22,9 millions en 2050 (photo d'illustration).
REUTERS - Rebecca Noble

Les 60 ans ou plus devraient passer de 18,1 millions en 2021 à 22,9 millions en 2050 (photo d'illustration).
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Ce n’est pas une surprise : le nombre de personnes âgées, tout comme leur poids relatif dans la population française, augmente et continuera d’augmenter d’ici 2050. Les 60 ans ou plus devraient ainsi passer de 18,1 millions en 2021 à 22,9 millions en 2050 (soit 4,8 millions en plus, +26,5 %), d’après les projections de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), dans une étude publiée ce jeudi.
Parmi ces personnes âgées, certaines ont besoin d’aide à l’autonomie (2 millions en 2021, soit 11 % du total des 60 ans ou plus). Un nombre qui va lui aussi croître d’ici au milieu du siècle, et même plus rapidement que la population des seniors, puisqu’elles devraient être 2,8 millions (+40 %).
Si bien que, en se basant sur les pratiques actuelles d’entrée en Ehpad, le pays aurait besoin de 365 000 places de plus dans ces établissements à l'horizon 2050. La Dress estime qu’il en existait 640 000 en 2021, ce qui signifierait qu'il faudrait augmenter les capacités de plus de 50 % en moins de trois décennies. Cela semble plutôt mal parti : le nombre de places en Ehpad a diminué entre 2019 et 2023 (-0,6 %).
Plutôt que le placement en Ehpad, les politiques publiques cherchent davantage à favoriser le soutien à domicile des personnes âgées. Il est donc possible que les places nécessaires pour accueillir le flux des personnes ayant un besoin d’aide à l’autonomie ne soient pas créées.
Dans ce cas, la Drees estime dans son étude que les Ehpad se concentreraient dans l’accueil des seniors les plus vulnérables. Ainsi, 85 % des résidents seraient en situation de perte d’autonomie sévère en 2050, contre 59 % en 2021.
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Si les places en Ehpad sont limitées dans les années à venir, comment les personnes âgées ayant besoin d’aide à l’autonomie seraient-elles alors prises en charge ? D’après la Drees, cela pourrait entraîner le report d’une partie de ces seniors vers les habitats intermédiaires, comme les résidences autonomie. De 97 000 en 2021, les résidents passeraient à 517 000 en 2050, soit une multiplication par plus de cinq (+20,6 %).
Or, les capacités d’accueil des résidences autonomie s’élevaient à 113 000 places en 2021. Par conséquent, « ces structures – dont les missions seraient ainsi profondément modifiées – devraient s’adapter de façon importante, souligne la Drees, notamment en termes de personnel ».
Faute d’être accueillies en Ehpad en raison du manque de places, certaines personnes âgées resteraient à domicile ou en logement ordinaire, où elles seraient accompagnées.
Quel que soit le futur lieu de résidence des seniors, la hausse du nombre de personnes âgées nécessitant une aide à l’autonomie va augmenter les besoins en personnel. D’après la Drees, toujours dans le scénario qu’aucune place en Ehpad n’est créée, il faudrait 156 000 équivalents temps plein (ETP) d’aides à domicile ou d’aides-soignants en Ehpad supplémentaires en 2050 pour accompagner les seniors. Un nombre qui passerait à 202 000 dans le cas où les places en Ehpad augmenteraient.
L’organisme reste toutefois prudent : « Il n’est pas possible d’établir, sans études plus approfondies, si l’accompagnement des personnes âgées à domicile plutôt qu’en établissement permet effectivement de réduire le besoin en professionnels, à situation familiale ou état de santé équivalent ».