Le président français Emmanuel Macron lors de l'ouverture du Salon international de l'agriculture à Paris Expo Porte de Versailles, le 21 février 2026.
Emmanuel Macron a coupé ce matin le ruban inaugural ce matin du 62e édition du Salon international de l'agriculture, mais sa visite s'annonce sous haute tension.
Les informations à retenir
Un contexte inédit, sans aucun bovin, une première historique.
Boycott de l’inauguration présidentielle par la Coordination rurale et la Confédération paysanne, dénonçant les politiques agricoles et la gestion sanitaire.
Objectif de fréquentation d’environ 600 000 visiteurs, mais incertitudes liées à l’absence des bovins.
La 62e édition du Salon international de l'agriculture doit ouvrir ses portes ce samedi 21 février à Paris Expo Porte de Versailles dans un contexte inédit : aucun bovin ne sera présent, et deux des trois principaux syndicats agricoles ont annoncé le boycott de l'inauguration présidentielle.
Un salon sans vache, une première historique
L'absence de bovins découle de l'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), détectée pour la première fois en France le 29 juin 2025 en Savoie. Les organismes de sélection des races bovines avaient décidé dès la mi-janvier de ne pas présenter d'animaux, « par précaution et par solidarité » avec les éleveurs touchés.
À la veille de l'ouverture du salon, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a toutefois annoncé sur France Inter que « depuis le 2 janvier, nous n'avons plus aucun cas de dermatose nodulaire contagieuse » en France et que la quasi-totalité des zones réglementées seraient levées. Malgré cette embellie sanitaire, la décision des éleveurs a été maintenue.
« Je vous le reconfirme, il n'y aura pas de vaches », avait déclaré le président du Salon, Jérôme Despey. Quelque 3 500 animaux — moutons, porcs, chèvres, chevaux, ânes, chiens et chats — seront néanmoins présents.
La Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole, a annoncé vendredi 20 février son intention de boycotter l'inauguration. « Dans l'instant, nous ne souhaitons pas être présents au petit déjeuner en compagnie du président de la République », a indiqué à l'AFP son président Bertrand Venteau. Son secrétaire général François Walraet a été plus direct : « Je lui déconseille d'essayer de venir nous voir, l'accueil risque d'être rude ». Selon lui, Macron « n'est pas le bienvenu si c'est pour vanter les mérites d'une agriculture qu'il n'a pas défendue ».
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La Confédération paysanne, classée à gauche, avait déjà annoncé début février son boycott de l'inauguration, dénonçant « l'absence de remise en cause de l'abattage total » des foyers bovins et le manque de « mesures de protection structurelle pour le revenu paysan ». Seuls la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, première force syndicale du secteur, ont accepté l'invitation présidentielle au petit déjeuner traditionnel.
Une visite sous le signe de la défiance
Le chef de l'État avait pourtant tenté de désamorcer les tensions. Lors d'une réunion avec les syndicats à l'Élysée le 2 février, il avait même « demandé d'agir auprès des organismes de sélection des races bovines pour qu'il y ait des vaches au Salon », selon la Confédération paysanne, sans obtenir gain de cause. Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a pour sa part affiché une posture tournée vers l'avenir, estimant que le salon constituait « le premier round agricole de la présidentielle 2027 » et reconnaissant qu'« à un an de l'échéance, on n'allait pas réécrire la vision de l'agriculture française ».
Le salon, placé sous la thématique « Générations Solutions », se tiendra jusqu'au 1er mars et espère attirer les quelque 600 000 visiteurs habituels, un objectif que l'absence des bovins, attraction historique de l'événement, rend incertain