Le Salon de l'Agriculture ouvre sous un temps instable

Le Salon de l'Agriculture débute samedi prochain et se déroule jusqu'au 1er mars.
ALAIN JOCARD/Reuters/AFP

Le Salon de l'Agriculture débute samedi prochain et se déroule jusqu'au 1er mars.
ALAIN JOCARD/Reuters/AFP
Les nuages les plus sombres semblent s’être dissipés. Six jours avant l’ouverture à Paris du 62e Salon international de l’Agriculture (SIA), le gouvernement se montre plutôt optimiste quant à la tranquillité de son inauguration par le président de la République samedi, puis de son déroulement jusqu’au 1er mars.
En janvier, les agriculteurs, mobilisés depuis décembre, sont rentrés dans leurs fermes. Ils ont été convaincus par les promesses de nouvelles lois et de nouveaux financements de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, et du Premier ministre, Sébastien Lecornu, mais encore plus par la suspension par les eurodéputés de la ratification de l’accord de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur.
L’absence, depuis le 2 janvier, de nouveaux cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), dont la flambée avait attisé la colère agricole en décembre, a apaisé durablement les esprits, et a conforté la politique sanitaire – contestée – de l’exécutif. Début février, lors de la visite d’une exploitation d’élevage avec Annie Genevard, Emmanuel Macron n’a pas manqué de profiter de l’éclaircie pour préparer le terrain à sa venue, en rassurant les agriculteurs sur sa volonté de défendre une agriculture française « souveraine ».
Les tensions restent néanmoins vives. L’absence de bovins au SIA, décidée par les organismes de sélection des races face à la crainte d’un retour de la DNC, est un rappel flagrant de la fragilité de l’agriculture française, défiée par le changement climatique mais aussi par un modèle de moins en moins compétitif sur la scène internationale.
La toute récente publication par les douanes des chiffres de la balance commerciale agricole et alimentaire de la France, qui en 2025 a dégringolé de 5 milliards d’euros, pour atteindre un « plus bas historique depuis au moins l’an 2000 », de 200 millions d’euros, a été un choc. Et la polarisation du débat qui s’est tenu mardi à l’Assemblée nationale autour de la pétition contre la loi visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur – dite « loi Duplomb » – a dévoilé l’extrême politisation des enjeux agricoles, un an avant la présidentielle et à quelques semaines des élections municipales.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

Cerise sur le gâteau, comme toutes les années à cette époque, les négociations commerciales sur les grandes marques relancent le sujet de la « juste rémunération ». Elles exaspèrent les producteurs, qui accusent les transformateurs agroalimentaires et les distributeurs de s’enrichir sur leur dos.
Le gouvernement marche donc sur des œufs. La semaine prochaine ne suffira d’ailleurs pas à trouver un consensus à propos du contenu concret du projet de loi d’urgence agricole sur l’eau, la prédation et les moyens de production, que l’exécutif a promis de présenter à l’occasion du SIA et qui divise les syndicats d’agriculteurs comme les forces politiques. La ministre de l’Agriculture prévoit de continuer ses consultations dans les allées du salon, en vue d’annonces repoussées au mois de mars.