En menaçant de ne pas voter le budget métropolitain, qui accuse un déficit de 123 millions d’euros, les maires d'Aix-Marseille Provence pointent du doigt les baisses de dotation de l’Etat et les investissements consentis dans les transports dans le cadre du Plan Marseille en Grand. Et de tenter le tout pour le tout alors que le Premier ministre est attendu demain à Marseille.Le mandat de Nicolas Isnard commence sur les chapeaux de roues. Alors que le président fraîchement élu a réussi à créer l'unité autour de lui, apportant un certain apaisement politique dans la deuxième métropole de France, la situation financière d'Aix-Marseille Provence vient placer sur son chemin, un premier vrai obstacle.
Un obstacle à 123 millions d'euros, montant du déficit découvert il y a peu dans le budget de fonctionnement. Une situation inattendue qui cueille le président lui-même et avec lui les 92 maires qui composent l'assemblée métropolitaine, tous embarqués dans une course contre la montre.
L'Etat et Marseille en Grand, mères de tous les maux
Car le déficit qui plombe tout est celui du budget annexe des transports qui rencontre un déficit de 220 millions d'euros. Les transports, qui sont, on le sait, le vrai talon d'Achille de ce territoire étendu, dont le maillage n'a jamais été pensé en fonction de la réalité économique et quotidienne. Une mobilité contrariée qui est devenue l'un des points phares de Marseille en Grand. Ce plan, doté de 5 milliards d'euros pour faire de la deuxième ville de France une ville laboratoire qui montre l'exemple, a ainsi consacré 1 milliard d'euros en subventions et avances remboursables au sujet. Avec dans son escarcelle des projets dont l'automatisation du métro, 5 lignes de bus à haut niveau de service (BHNS), 5 lignes de tram et 4 pôles multimodaux. Lors de sa venue en juin 2023, le Président de la République avait par ailleurs annoncé le doublement de la subvention étatique passant de 256 millions à 500 millions d’euros.
Mais s'il est fait pour pousser Marseille vers le haut, Marseille en Grand est aussi l'une des raisons du déficit rencontré par le budget dédié. C'est notamment ce que pointe Nicolas Isnard. « L'État a engagé de lourds investissements dans les transports. Sauf qu'à chaque fois que l'on ajoute une nouvelle ligne, ce sont des charges supplémentaires qui s'ajoutent également. Et les recettes ne sont pas en adéquation » exprime le président qui en veut surtout à l'État pour les baisses de dotation qui, finalement, se révèlent être le vrai nœud gordien. En 2024, 50 millions d'euros ont ainsi été rognés, puis 70 millions d'euros en 2025, soit 120 millions d'euros en deux ans, c'est beaucoup pour un territoire qui fait face à de réels enjeux de développement. « Dans nos villes, nous subissons aussi les baisses de dotation de l'État, mais ce sont, dirons-nous des baisses que nous pouvons digérer car de l'ordre de quelques centaines de milliers d'euros. Mais lorsqu'on vous inflige 50 millions d'euros de baisse, cela devient beaucoup plus complexe ».