Macron rejette toute démission et promet d’agir « jusqu’à la dernière seconde »
latribune.fr
Emmanuel Macron a annoncé qu'il resterait président jusqu'en 2027, rejetant toute idée de démission. Ses priorités pour 2026 incluent l'adoption urgente d'un budget, la régulation de l'accès des mineurs aux écrans, le service militaire volontaire et la...
REUTERS - Stephanie Lecocq
Macron rejette toute démission et promet d’agir « jusqu’à la dernière seconde »
Moins de dix minutes pour tenter de reprendre la main. Mercredi soir, Emmanuel Macron a profité de ses neuvièmes vœux aux Français pour balayer les rumeurs de départ anticipé et sommer le gouvernement de sortir de l’impasse budgétaire.
Une adresse sobre, tenue dans le salon des ambassadeurs à l’Élysée, loin des effets de manche ou des annonces de référendums des années précédentes. Pour son neuvième exercice de vœux, le président de la République a choisi la brièveté pour délivrer un message de résistance institutionnelle. Face au sentiment de blocage qui infuse depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, le chef de l’État a martelé que le « pays tient », s’appuyant sur les indicateurs de la croissance, de l’emploi et de la recherche.
Cette allocution intervient dans un climat marqué par les « désordres du monde », entre retour des empires, guerres commerciales et conflit en Ukraine. Emmanuel Macron n’a pas occulté les tensions domestiques, reconnaissant partager certaines colères de la société française, de la baisse de la natalité aux inquiétudes persistantes sur le pouvoir d’achat. Dans ce contexte, le président pose un préalable non négociable : le gouvernement doit doter la France d’un budget dans les plus brefs délais pour éviter l’enlisement total.
L’urgence budgétaire comme levier contre l’inertie
Le chef de l'État entend démontrer que l’action publique ne s’est pas évaporée. Pressé de sortir du marasme, le gouvernement est attendu sur des chantiers structurels : la lutte contre le narcotrafic, la gestion de l’immigration illégale et la situation des agriculteurs, alors que le dossier du Mercosur promet de nouvelles frictions dès janvier. Emmanuel Macron a également listé la santé, la formation des enseignants et la décentralisation comme des priorités de l’agenda présidentiel, tout en rendant hommage aux maires dans une perspective déjà tournée vers les prochaines élections municipales.
L’année 2026 est présentée comme une étape « utile » de son quinquennat, articulée autour de trois marqueurs législatifs et sociétaux. La montée en puissance du service militaire volontaire avec sa première cohorte, la régulation de l’accès des adolescents aux écrans et aux réseaux sociaux via un projet de loi imminent, ainsi que la poursuite du texte sur la fin de vie doivent constituer l’ossature de l’activité parlementaire à venir.
Pas de démission prématurée
Alors que l’horizon de 2027 sature déjà l’espace politique, Emmanuel Macron a tenu à clarifier sa position personnelle. Conscient de son affaiblissement politique, il a opposé une fin de recevoir à ceux qui suggèrent une démission prématurée. Il assure qu’il exercera ses fonctions « jusqu’à la dernière seconde ». Si le président a souligné qu’il ne participerait pas, pour la première fois en une décennie, à la campagne électorale en tant que candidat, il s’est engagé à garantir un scrutin protégé des ingérences étrangères.
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Ses vœux pour la nation se sont déclinés en trois axes : l’unité, la force et l’espérance. Le chef de l’État a insisté sur la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, dont les chiffres ont explosé, tout en appelant à une « bienveillance » renouvelée. Sur le plan de la souveraineté, il mise sur une accélération de l’Europe de la défense, citant une réunion décisive de la coalition pour l’Ukraine dès le 6 janvier. Enfin, en invoquant le « progrès » et les « succès économiques », il a invité les Français à « résister à l’air du temps » et à s’inscrire dans le temps long des réformes.
Une audience en recul, une opposition à l’offensive
L’exercice a toutefois moins mobilisé que les années précédentes. Selon Médiamétrie, 8,9 millions de téléspectateurs ont suivi l’allocution, contre 9,7 millions en 2024 et plus de 10 millions en 2023. Ce désintérêt relatif se double d’une offensive coordonnée des oppositions. Marine Le Pen a fustigé une année 2025 marquée par « l’enlisement » et dénonçant ce qu’elle qualifie de « confiscation institutionnelle ». La cheffe de file des députés RN, qui appelle à une « grande alternance » en 2027, mobilise déjà ses troupes pour les municipales.
À gauche, les critiques sont tout aussi acerbes. François Hollande, via un texte publié sur X, a déploré une France « enlisée par la confusion politique » et une fin de mandat qu’il juge interminable. De son côté, Jean-Luc Mélenchon a immédiatement réagi en évoquant une « litanie d’annonces cent fois trahies ». Pour le fondateur de La France insoumise, le lien entre le président et le pays est définitivement « cassé ». Malgré la volonté de l’Élysée d’afficher un cap, la course à la succession semble désormais dicter le rythme de la vie politique. française.