Cour des comptes européenne : Pierre Moscovici, nouvelle vigie des finances de l'UE
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Pierre Moscovici avait fait son entrée à la Cour des Comptes en 1984.
REUTERS - Sarah Meyssonnier
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Pierre Moscovici avait fait son entrée à la Cour des Comptes en 1984.
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Pandémie, guerre en Ukraine, inflation énergétique, dissolution, déficit record… Pierre Moscovici s’apprête à rejoindre la Cour des Comptes européenne ce vendredi 2 janvier après un quinquennat tumultueux à Paris. Basée au Luxembourg, cette institution se présente comme « la gardienne des finances publiques » de l’Union européenne. Il succède à l’Irlandais Tony Murphy en poste depuis 2022.
À son arrivée dans son bureau de la rue Cambon, l’ancien ministre socialiste avait déjà annoncé son ambition de faire connaître le travail des magistrats tricolores en Europe. « Dès cet été [2020], j’irai rendre visite aux institutions européennes, en commençant par la Commission européenne, puis la Cour des comptes européenne », avait-il affirmé dans son premier discours solennel.
Cinq ans après, l’ex-député retourne aux affaires européennes dans un climat international et géopolitique hostile. Au vu de son expérience européenne et nationale, Pierre Moscovici va devoir incarner cette juridiction encore peu connue dans l’Hexagone. Pressenti pour prendre la place de Pierre Moscovici, le président de l’Agence française de développement (AFD) Rémy Rioux a pour l’instant les faveurs d’Emmanuel Macron. Mais d’autres noms continuent de circuler. Pour rappel, le chef de l’État avait mis plusieurs mois en 2020 avant de dévoiler le nom du successeur de Didier Migaud.
Au terme de son mandat, les parlementaires spécialistes des questions budgétaires dressent un bilan contrasté du premier magistrat financier. « En rendant publics l’ensemble des rapports de la Cour, il a permis d’éclairer le Parlement et l’opinion. Sous son mandat, la Cour s’est ouverte et a renforcé son expertise », considère Philippe Brun, député socialiste de l’Eure, en pointe sur les questions de finances publiques au PS.
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Pour Jean-François Husson, rapporteur (LR) du budget au Sénat, le mandat de Pierre Moscovici a débuté par une marque de « prudence ». « Au fil du temps, on a senti davantage de critiques… Et depuis plus d’un an, elles sont plus affirmées à l’endroit des résultats du gouvernement qui a rendu des comptes plus dégradés », développe-t-il. À l’aile gauche de l’Assemblée nationale, le député Nicolas Sansu (GDR) est plus critique sur les positions orthodoxes de la Cour : « Son obsession de diminuer depuis 30 ans la dette ressemble au mythe de Sisyphe qui permet de gouverner par la peur ». Pierre Moscovici sera « bien à sa place à la Cour des comptes européenne ». L’élu reconnaît tout de même son rôle sur « les sujets sensibles comme le Pacte Dutreil ».
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