2025 comme vous ne l'avez vue 👀 : 16 Unes de « La Tribune » sans filtre

Visite guidée de l'année 2025 en 16 Unes de "La Tribune".
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Visite guidée de l'année 2025 en 16 Unes de "La Tribune".
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Il y a des années qui s’écrivent comme des lignes droites. On passera. D’autres années qui s'écrivent sur des cahiers de brouillon, avec de grosses ratures et du liquide correcteur en surépaisseur. 2025 appartient clairement à la seconde catégorie. En France, les gouvernements se succèdent plus vite que les budgets, l’Assemblée débat pendant que les déficits galopent, et Matignon devient un poste à haute rotation, dont le fonctionnement s'approche d'un manège de la Foire du Trône.
Ailleurs, le monde n’attend pas. Pas du tout même. Donald Trump est de retour avec une envie de nouvelle salle de bal, et sans vraiment se soucier des goûts musicaux des autres pays. La Chine, elle, accélère, mais avec un moteur électrique. De son côté, l’Europe hésite, malgré le remède « anti-procrastination » prescrit par le docteur Draghi. Et pour pimenter le tout, l’intelligence artificielle déboule à tous les étages, sans même demander la permission.
Allez, on se lance. Panorama - forcément grinçant - de cette année 2025, en 16 Unes. « Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé... ». Et bien si, justement.
François Bayrou est à Matignon, la France sous le régime de la loi spéciale, et le gouvernement se cherche, déjà, un budget. Nous parlons bien de début 2025, pour celles et ceux qui en doutent. Mais le plus important, au fond, est ailleurs : La Tribune fête ses 40 ans. Happy birthday ! On fête ça d'abord dans rédaction en mode intime (galette des rois, champagne, parties de pierre-feuille-ciseaux et de Jacques a dit). Et puis en septembre avec La Tribune des Possibles. Salle Gaveau, rien que ça.

Les Etats-Unis ont un nouveau président : Donald Trump. Le Capitole, Epstein, l'élection - volée - de 2020 (...) n'auront pas donné aux Américains une forme de lucidité électorale. Le début d'une looooongue séquence, qui va très vite poser les racines d'un ordre mondial recomposé. Comme dirait Jerome Powell, encore à la tête de la Fed. Tic-tac.
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Le monde de l'IA, largement américain, tremble. Deepseek, le ChatGPT chinois, arrive avec des performances jugées « remarquables ». Problème, selon Pékin : Deepseek a coûté 5,6 millions de dollars. Aux Etats-Unis, les modèles fonctionnent en jetons de 10 milliards de dollars, pour les plus frugaux. Deep Chic.

Fin février, le bureau ovale de la Maison-Blanche est victime d'une scène que l'on croyait réservée aux « late shows ». Volodymyr Zelensky est pris à partie par Donald Trump et J.D. Vance. Kiev mesure le fossé. L'Europe mesure le virage et les coûts associés. Et plus personne ne rigole. Sauf, peut-être, Moscou. Allez savoir.

Rappelez-vous, nous étions encore dans un monde où les « terres rares » représentaient, aux yeux du grand public, des destinations touristiques peu explorées. Les prémisses de la guerre commerciale s'affichent à Washington. Au pays du V12 et du pick-up de 5 tonnes, elle débutera par la voiture. La bagnole, pardon. « Drive, baby, drive » .

Donald Trump, avec des tableaux achetés sur Shein et « des chiffres et des lettres » volés à France Télévisions, décide tout seul, dans son coin, d'une nouvelle façon de faire du commerce mondial avec des droits de douane surréalistes. Et la découverte au passage pour Paris, que Saint-Pierre et Miquelon n'est pas vraiment en France. Le jour de libération. De quoi au juste ?

En Europe, une locomotive est à l'arrêt. Elle roule d'habitude pour la Deutsche Bahn. L'Allemagne, et son industrie lourde, perd sur tous les tableaux. La Chine ne roule plus allemand (mais chinois), la Chine n'usine plus allemand (mais chinois), la Chine ne chimique plus allemand (mais chinois), la Chine, la Chine... Friedrich Merz, le nouveau patron de Berlin, arme son bazooka de 500 milliards d'euros. Dommage d'utiliser un terme militaire. Mais bienvenue à l'Allemagne sur le marché de la dette.

Les ordinateurs ont « avalé » une partie des métiers administratifs, les robots ont « avalé » une partie des métiers industriels... Voici donc l'IA. Que va-t-elle avaler au juste ? Les métiers à valeur ajoutée, les métiers créatifs, les métiers de la santé, du droit ? Une certitude : des professions qui se croyaient irremplaçables doutent. Les cols blancs commencent à sentir l'erreur 404 de l'employabilité.

Un chiffre, pour se convaincre de l'ampleur du phénomène : chaque nuit, 600 avions gros-porteurs quittent la Chine à destination de l'Europe. Ces avions sont chargés de « petits colis ». Le dossier est sensible : ces « petits colis » sont, aussi, les « petits plaisirs de la vie », pendant que l'univers du textile s'écroule dans les centres-villes. Sauf pour le BHV.

Panhard, De Dion-Bouton, Simca, Delahaye... Ces marques européennes automobiles sont désormais au Panthéon. Vont-elles être rejointes un jour par Stellantis, Volkswagen, Renault ? L'industrie automobile européenne est prise en étau : un marché intérieur moribond, et des flots de « wattures » chinoises aux tarifs agressifs qui se déversent. Build your dreams (BYD, en chinois).

Un secteur européen se porte bien : l'aéronautique. En juin vient l'heure du PAF (Paris Air Forum, organisé par La Tribune) et du Bourget, la grand messe des choses qui volent. A cette double occasion, La Tribune signe un pacte de mariage avec le prestigieux Air&Cosmos. Et, dans la foulée, initie un premier décollage, tout aussi réussi : un prototype de sa nouvelle maquette, qui sera certifié au vol, pour une mise en service commerciale à la rentrée suivante. 40 ans, ça se fête, encore et toujours. Non, mais.

François Bayrou, fin de semestre, relevé de bulletin. Conclave : 2 sur 20. Préparation du budget : 3 sur 20 (la copie est arrivée en retard, le 15 juillet). Six mois donc, pour arriver notamment à cette idée lumineuse : l'année blanche fiscale. Le rejet sera important, les boomers seront vexés (sur la dette), le patronat n'y croit plus (fiscalement). Direction les « vacances », où personne ne parle avec personne, de Pau à Brégançon. L'été meurtrier.

Exit donc Bayrou, le vote de confiance a été rapide, version scalpel. A l'Elysée, le rythme d'usure de Matignon commence à inquiéter. Dissolution ? Les municipales approchent. La présidentielle arrive. « En même temps », il faut tenir... Ce sera un homme de confiance à la tête du gouvernement, avec un caractère réputé « tactique furtive », et la capacité à endosser un treillis. Mais deux manœuvres militaires seront nécessaires pour y arriver. Après la ligne Maginot, voici donc la ligne Matignon.

Les mois passent, les sujets restent... Sébastien Lecornu, installé désormais à Matignon, se lance dans le marathon budgétaire 2026. La nouvelle doxa : pas de 49-3, toute sa place à l'Assemblée. Le PS y voit une opportunité. LR une belle occasion de se fragmenter. Les extrêmes, la possibilité de rester sur... les extrêmes. La caravane budgétaire s'élance. Le budget, à grosses coutures, deviendra un patchwork où chacun grignote, obtient ou perd. De A comme Ajustement, à Z comme Zucman. Non, finalement, Z comme Zéro.

C'est le big-bang attendu sur le marché télécoms français : la vente de SFR. Orange, Bouygues et Free observent, étudient et proposent 17 milliards d'euros dans un « premier round ». Réponse de la sphère Drahi : vous rigolez ? Mais le raccrochement - comme on dit dans le secteur - programmé de SFR, du haut de ses 25 millions de clients fixe et mobile, marque une nouvelle étape : celle de la consolidation, alimentée par la dette, un vrai mal français. Ne quittez pas.

Macron est en Chine, les terres rares aussi, les technologies aussi. Le monde a basculé : l'Europe courtise, espère des investissements, des transferts en R&D autres que celui du Covid de 2020. Pendant que les « petits colis » alourdissent les camions de La Poste cyber-attaquée et gonflent les boîtes aux lettres, la fée électrique chinoise avance. L'année du Serpent se termine en Chine fin janvier 2026. Soulagement. Puis viendra l'année du Cheval de feu. Mince.

Des semaines de débats, de votes, de navettes, de CMP... Des heures d'émissions, de commentaires et de petits mots. La nouvelle passion française ? Avoir si possible un budget pour l'année qui vient. En fait, pas la peine. Une sorte de remake d'« Un jour sans fin ». Et au fond, rien n'est grave: on va lancer un porte-avions à 10 milliards d'euros. Et pour son petit nom ? Nous, on propose « La dette », sans ajouter la moindre immatriculation souveraine sur la coque du type « AA », « A+ » ou « BBB ». Les lettres pourraient changer d'ici là. Vous voilà prévenus.
