Parfums : quand le scandale de l’hexane renforce les enjeux durables du secteur
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Les parfumeurs travaillent sur des solutions pour s'exonérer de l'hexane, un solvant dérivé du pétrole
Odis
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Les parfumeurs travaillent sur des solutions pour s'exonérer de l'hexane, un solvant dérivé du pétrole
Odis
La naturalité n’est plus une option pour le monde de la parfumerie. En témoigne l’étude menée en 2021 par Firmenich Hub Global Study, soulignant le souhait de 68% des consommateurs de voir plus de parfums responsables dans les rayons. Les marques, elles, sont de plus en plus nombreuses à revendiquer des ingrédients verts. Mais le naturel n’est pas toujours signe de durabilité. Les procédés d’extraction classiques des molécules odorantes des plantes s’avèrent gourmands en ressources et le recours aux solvants volatils à base de pétrochimie reste encore majoritaire. Parmi eux, l’hexane trône en majesté.
L’hexane, c’est ce solvant dérivé du pétrole utilisé notamment par l’industrie agroalimentaire pour l’extraction des huiles végétales et dont des résidus ont été relevés dans 36 produits de grande consommation par une étude publiée en septembre par Greenpeace. Lequel demande l’interdiction de ce solvant classé comme substance cancérigène, mutagène et reprotoxique par l’agence européenne des produits chimiques. En mai, la Commission européenne s’était d’ailleurs penchée sur le sujet, chargeant l’Autorité européenne de sécurité des aliments de réévaluer la sécurité de son utilisation dans l’agroalimentaire. Bref, l’hexane semble sur la sellette.
Dans le secteur des parfums et arômes, si son usage est incontesté, les industriels cherchent des alternatives. « L’extraction solvant est un des piliers de l’évolution technologique qui jalonne l’histoire de la parfumerie, c’est le résultat d’une amélioration continue des procédés avec l’utilisation de l’alcool, puis de l’éthanol, et maintenant de l’hexane », explique Jérôme Bruhat, directeur général du groupe Robertet (808 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 2 500 salariés dans le monde). Un éventail de méthodes que les industriels s’appliquent à compléter avec des procédés plus modernes comme celui de l’extraction au CO2 supercritique, de plus en plus demandé.