Défense : comment acteurs publics et privés s’accordent pour financer sa montée en puissance
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Le H145M pourrait atterrir au Brésil
©Anthoy PECCHI (Airbus Helicopters)
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Le H145M pourrait atterrir au Brésil
©Anthoy PECCHI (Airbus Helicopters)
413 milliards d’euros d’ici 2030 : c’est le budget historique consacré aux armées françaises par la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030. Avec une rallonge budgétaire de 3,5 milliards d'euros en 2026 et de 3 milliards en 2027 souhaitée par Emmanuel Macron, la loi LPM doit désormais être actualisée. Une formalité décalée au premier trimestre 2026, selon les déclarations de la ministre des Armées Catherine Vautrin, compte tenu de la longueur des discussions parlementaires consacrées au budget. Le projet de budget de 2026 s’établit alors à 57,1 milliards d’euros, soit une hausse de 13%.
C’est donc une véritable refonte du projet stratégique, politique et militaire qui s’opère sur le sol français comme européen. Et la base industrielle et technologique de la défense se doit de monter en puissance pour être à la hauteur des ambitions de souveraineté et d’autonomie portées par l’Union Européenne. « Près de 4 500 entreprises œuvrent dans le secteur de la défense en France, quelques grands maîtres d’œuvre industriels mais aussi de nombreuses PME et ETI dans la chaîne de sous-traitance. Elles génèrent quelque 220 000 emplois et 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont la moitié couvre les marchés exports », détaille Nathalie Grimbert, Cheffe du bureau Soutien aux PME et financement de la BITD de la Direction Générale de l’Armement. Si « en moyenne, le chiffre d’affaires des entreprises de la défense, qui sont souvent des petites entreprises familiales, est de 10 millions d’euros », leur santé financière moyenne reste fragile et davantage risquée en comparaison à leur équivalence civile, « car leur endettement est plus important et leur capacité à mettre en réserve des marges, historiquement moins importante, due à une moindre maîtrise du site d’exploitation », affirme-t-elle. Dans le contexte actuel, les besoins de ces entreprises évoluent, conformément à la demande de livraison rapide d’équipements et matériels – dont les crédits d’acquisition sont en en hausse de 37%, à 22,9 milliards d'euros dans le texte. Des besoins en termes de modernisation de l’outil de production ou d’anticipation pour aller capter les marchés exports des alliés de l’OTAN et des voisins européens qui engagent, également, une croissance significative de leur budget défense.