Après l’annonce du groupe Nosoli de fermer 11 des 27 magasins Furet du Nord et Decitre, le secteur des librairies poursuit sa chute. A Montpellier, le tribunal de commerce vient de prononcer, ce 3 juillet, la mise en liquidation judiciaire d’une institution régionale : la librairie indépendante Sauramps, laissant sur le carreau 54 salariés.L’année 2026 a un goût amer pour le secteur des librairies en France. Les fermetures s’enchaînent. A Montpellier, le couperet est tombé ce 3 juillet : pas de pérennité d’activités pour Sauramps. Après une période d’observation de trois semaines censées évaluer sa viabilité suite à son placement en redressement judiciaire, la librairie indépendante, institution culturelle locale, vient d’être mise en liquidation avec cessation immédiate d’activité par le tribunal de commerce.
Un choc, même si les 54 salariés (48 à Montpellier et 6 à Alès) s’y attendaient, alertant la direction depuis plusieurs mois sur la situation préoccupante de la librairie.
« Il régnait ce matin une ambiance d’obsèques, déclare à La Tribune Julien Domergue, salarié depuis seize ans chez Sauramps. Il y a évidemment un sentiment de gâchis, notamment à l’encontre de l’actionnaire qui, selon nous, n’a pas rempli toutes ses obligations, que ce soit en termes d’investissement financier, de prise de position, de libertés d’actions. Entre 2017 et 2021, il y a eu beaucoup d’investissements mais il y a eu des mauvais choix stratégiques des anciens directeurs. Et au moment où une ligne cohérente se mettait en place, l’actionnaire n’était plus en phase. »
60 % de perte de chiffre d’affaires
La page se tourne donc pour la librairie montpelliéraine qui fêtait, cette année, ses 80 ans d’existence. Après des années 2000 très fastes où elle avait enchaîné les ouvertures (Sauramps Odysseum, Polymômes, espace livres au Musée Fabre, Sauramps Cévennes à Alès), elle était entrée en phase de turbulences avec un premier redressement judiciaire en 2017. Après une bataille juridique l’opposant à Furet du Nord, Ametis, filiale du groupe Hugar dirigé par l’architecte François Fontès, avait vu son offre de reprise retenue.