LA TRIBUNE — Dans quel état financier se trouvent les comptes de l’Unédic ?
Patricia Ferrand – Les fondamentaux de l’assurance chômage, à travers l’Unédic, demeurent solides. Le principe est simple : se désendetter en période de conjoncture favorable pour jouer pleinement son rôle assurantiel quand celle-ci se dégrade. C’est précisément cette capacité qui est fragilisée. En 2026, l’Unédic aurait pu avoir un solde positif sans les ponctions de l’État. Or, ces ponctions conduisent l’Unédic à s’endetter de nouveau et font peser un risque majeur pour la soutenabilité financière de l’assurance chômage. Dans cette période de préparation du budget 2027, l’objectif est d’alerter alors même que les dépenses du régime ont fortement baissé ces dernières années.
Jean-Eudes Tesson – La réalité, c’est plus de 60 milliards d’euros de dette. Pendant la période favorable à l’emploi, non seulement l'Unédic n'a pas pu se désendetter, mais surtout elle se prépare à voir son endettement augmenter. Le rôle d’amortisseur économique et social de l’assurance chômage est mis à mal. Depuis plusieurs années, l’État prend des décisions seul et les a fait assumer par l’Unédic. La moitié de l’endettement du régime d’assurance chômage provient de deux décisions de l’État : les ponctions sur les ressources et la « dette Covid ». L’autre moitié est générée par d’autres décisions unilatérales de l’État, comme le financement inédit de France Travail. Nous dénonçons les prélèvements de l’État et appelons l’État à un comportement responsable.