Créations d'entreprises : le cap des 100 000 maintenu en janvier, un palier après l'euphorie de décembre
latribune.fr

En janvier 2026, le régime simplifié domine plus que jamais les créations d'entreprises.
DR
latribune.fr

En janvier 2026, le régime simplifié domine plus que jamais les créations d'entreprises.
DR
115 838 créations brutes en janvier, malgré une stagnation à + 0,1 % en données corrigées qui révèle un essoufflement passager des entreprises individuelles classiques (-6,4 %).
6,2 % de croissance dans la construction et 6,0 % dans la tech illustrent un basculement stratégique des capitaux vers l'économie réelle et l'innovation, compensant le repli technique des activités financières impactées par de nouvelles nomenclatures de gestion.
65,3 % des nouveaux projets adoptent le régime de la microentreprise, consolidant ce statut comme le pilier d'une agilité entrepreneuriale dont les ressorts profonds et les mutations par code APE sont détaillés dans l'analyse complète.
Le paysage entrepreneurial français commence l'année 2026 stable. Selon les derniers chiffres de l’Insee, le nombre total de créations d'entreprises, toutes catégories confondues, affiche une progression symbolique de 0,1 % en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables (CVS-CJO). Ce chiffre intervient après un mois de décembre 2025 particulièrement dynamique, marqué par une hausse révisée à + 4,1 %.
Dans le détail des structures juridiques, les trajectoires divergent. Les sociétés maintiennent une orientation positive avec une croissance de 1,0 %, bien que moins soutenue que les 5,8 % du mois précédent. Les microentrepreneurs, qui constituent toujours le socle de la démographie d'entreprise, progressent de 0,8 %. À l'inverse, le segment des entreprises individuelles classiques subit un contrecoup sévère : après un envol ponctuel de 16,3 % en décembre, elles se replient de 6,4 % en janvier pour s'établir à 9 204 créations.
Le secteur de la construction signe le rebond le plus spectaculaire de ce début d'année. Après un repli de 1,3 % en décembre, les créations y bondissent de 6,2 % en janvier. Cette vitalité est partagée par le pôle information et communication, dont l'attractivité s'accélère avec une hausse de 6,0 % contre seulement 0,6 % le mois précédent. L'industrie n'est pas en reste, affichant une progression solide de 5,2 %.
À l'autre extrémité du spectre, certains piliers des mois passés marquent une pause. Les activités de soutien aux entreprises, moteur traditionnel, enregistrent un recul de 1,8 %. Plus marqué encore, le secteur englobant l'enseignement, la santé et l'action sociale recule de 4,6 %. Les activités financières et d'assurance poursuivent également leur décrue avec une baisse mensuelle de 2,4 %.
Si l'on s'extrait de la volatilité mensuelle pour observer les données brutes sur douze mois (de février 2025 à janvier 2026), la tendance de fond demeure résolument haussière. Le volume global de créations s'apprécie de 5,9 % par rapport à la période précédente. Cette croissance est portée par les sociétés (+ 7,0 %) et les microentrepreneurs (+ 6,7 %), alors que les entreprises individuelles classiques s'inscrivent en baisse de 2,6 % sur l'année.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Sur le dernier trimestre (novembre 2025 à janvier 2026), l'accélération est encore plus nette avec un bond de 8,7 % en glissement annuel. Le secteur des activités de soutien aux entreprises s'impose comme le contributeur majeur à cette dynamique avec 12 700 créations supplémentaires par rapport à l'année précédente. Au sein de ce groupe, les « activités des sièges sociaux » se distinguent particulièrement avec un apport de 2 800 créations.
La hausse notable du secteur des activités de soutien aux entreprises (+ 4,5 points de contribution à l'évolution globale sur trois mois) doit toutefois être lue avec nuance. L’Insee précise qu'une modification des règles de classement des codes APE explique une partie de ce mouvement. Des unités auparavant enregistrées dans les activités financières et d'assurance sont désormais intégrées au soutien aux entreprises.
Cette évolution méthodologique vise à corriger les erreurs d'affectation initiales en holdings, souvent régularisées trop tardivement. Par effet de miroir, le secteur financier apparaît comme le principal contributeur à la baisse avec 1 000 créations de moins sur trois mois en glissement annuel.
La structure des créations d'entreprises en France reste dominée par le régime simplifié. En janvier 2026, les microentrepreneurs représentent 65,3 % de l'ensemble des créations. Cette part est en légère progression par rapport à la moyenne des douze mois précédents (64,5 %). Les sociétés captent 25,9 % des nouvelles unités, un niveau stable qui souligne la pérennité de ce choix juridique pour un quart des entrepreneurs.
En volume cumulé sur le premier mois de l'année 2026, l'ensemble des créations atteint 115 838 en données brutes, contre 105 274 en janvier 2025. Cette montée en charge globale, malgré la stabilisation relative de janvier en données corrigées, confirme que l'appétence pour l'entrepreneuriat ne se dément pas en France.
latribune.fr