Dépôts de bilan : le cap des 68 500 faillites franchi en 2025, un nouveau record historique
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Les ETI et le secteur tertiaire sont particulièrement touchés.
Reuters
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Les ETI et le secteur tertiaire sont particulièrement touchés.
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Selon les dernières données publiées ce vendredi 6 février par la Banque de France, 68 564 entreprises ont mis la clé sous la porte au cours de l'année 2025. Ce volume marque une progression de 3,5 % sur un an. Ce nouveau record, bien que symbolique, confirme la persistance des tensions sur la trésorerie et la solvabilité des acteurs économiques après plusieurs exercices de résilience.
L'évolution mensuelle suggère toutefois un palier. Entre la fin novembre et la fin décembre, le stock de défaillances est resté quasiment stationnaire, passant de 68 414 à 68 564 unités. Cette relative stabilité de fin d'année apporte un bémol à la tendance de fond, illustrant une capacité d'absorption des chocs qui, sans s'améliorer radicalement, semble cesser de se détériorer brutalement.
L'analyse détaillée par segment révèle une vulnérabilité accrue au sommet de la pyramide économique. Les entreprises de taille intermédiaire (ETI), comptant entre 250 et 4 999 salariés, ainsi que les grandes entreprises, voient leurs indicateurs de défaillance virer au rouge. Le nombre de procédures concernant ces structures est monté à 63 en décembre, contre 58 le mois précédent. Ce glissement, bien que numériquement faible, impacte significativement l'emploi et les chaînes de sous-traitance locales.
Le panorama sectoriel affiche des disparités marquées. Le secteur tertiaire et les activités liées à la mobilité subissent de plein fouet les ajustements conjoncturels. Les services aux entreprises, les transports ainsi que l'hébergement-restauration enregistrent une hausse des défaillances par rapport aux relevés de novembre. À l'inverse, les autres compartiments de l'économie parviennent à stabiliser leur situation, évitant ainsi une contagion généralisée à l'ensemble de l'appareil productif.
Malgré ce niveau record, la dynamique de dégradation ralentit. La Banque de France observe que le rythme de progression annuelle des défaillances poursuit son mouvement de décélération. Alors que la hausse atteignait 4,6 % à la fin du mois de novembre, elle reflue à 3,5 % en décembre. Ce relâchement de la pression indique que le pic de croissance des dépôts de bilan pourrait être derrière nous, même si le volume global demeure historiquement élevé.
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Cette lecture doit être mise en perspective avec la vitalité démographique du monde des affaires. L'institution monétaire rappelle que la population totale des entreprises en France continue de s'étoffer. Parallèlement à la sortie du marché des acteurs les plus fragiles, l'entrepreneuriat conserve une dynamique robuste.
L'année 2025 n'est pas uniquement celle des fermetures. Selon les chiffres de l'Insee, l'économie française a généré plus de 1,16 million de nouvelles entreprises sur la période. Ce volume de créations est en hausse de 4,9 % par rapport à l'exercice 2024. Cette croissance de la natalité entrepreneuriale compense numériquement les sorties de route, maintenant un solde positif dans la population globale des entreprises actives sur le territoire.
Cette dualité entre records de faillites et boom des créations dessine une économie en pleine mutation. Les secteurs traditionnels, comme les transports ou la restauration, affrontent des restructurations lourdes pendant que de nouveaux acteurs émergent. La capacité du marché à absorber ce 1,16 million de nouveaux entrants constituera l'un des enjeux majeurs de la stabilité économique pour l'année 2026.
(Avec AFP)
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