Croissance à l’arrêt : la France décroche avant même le choc du Moyen-Orient
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Au-delà de ce trimestre décevant pour la croissance française, c'est la trajectoire annuelle qui interroge désormais.
KIRAN RIDLEY / AFP
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Au-delà de ce trimestre décevant pour la croissance française, c'est la trajectoire annuelle qui interroge désormais.
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L’économie française a calé en début d’année. Selon la première estimation publiée jeudi par l’Insee, le Produit intérieur brut (PIB) est resté stable (+0%) au premier trimestre, révélant un essoufflement de l’activité avant même les répercussions du conflit au Moyen-Orient.
Ce coup d’arrêt s’explique par une demande intérieure « atone » et une contribution du commerce extérieur « fortement négative », deux moteurs traditionnellement clés de la croissance française. Le constat est d’autant plus marquant qu’il contredit les anticipations récentes des grandes institutions. La Banque de France évoquait encore récemment une progression « jusqu’à 0,3 % » sur la période, tandis que l’Insee avait lui-même ajusté fin mars sa prévision à 0,2 %. Finalement, le PIB « marque le pas », souligne l’institut statistique, après une hausse de 0,2 % au quatrième trimestre 2025.
Dans le détail, la demande intérieure finale (hors stocks) « est atone ». La consommation des ménages « recule légèrement » (-0,1 % après +0,4 % fin 2025), tandis que l’investissement se contracte (-0,4 % après +0,3 %). Résultat : la contribution de cette demande à la croissance est nulle, après avoir soutenu l’activité à hauteur de 0,4 point au trimestre précédent.
Le commerce extérieur constitue l’autre point noir. Sa contribution est jugée « fortement négative » (-0,7 point après +0,6 point). Les exportations se replient « franchement » (-3,8 % après +0,8 %), dans un contexte de demande mondiale moins dynamique, et les importations poursuivent leur baisse (-1,7 % après -0,8 %).
Seul facteur de soutien : les variations de stocks, qui évitent une contraction du PIB. Elles apportent 0,8 point à la croissance, après une contribution négative de -0,7 point au trimestre précédent. Ce rebond est notamment lié aux produits aéronautiques, après deux trimestres marqués par un fort déstockage.
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Au-delà de ce trimestre décevant, c’est la trajectoire annuelle qui interroge. Le gouvernement table sur une croissance de 0,9 % en 2026, une prévision déjà abaissée récemment pour intégrer les effets inflationnistes du conflit au Moyen-Orient. Mais avec un « acquis » de croissance limité à 0,5 % fin mars, l’objectif apparaît désormais ambitieux.
Pour l’atteindre, il faudrait une progression d’environ 0,3 % à chacun des trois prochains trimestres, un rythme soutenu dans un contexte où les effets économiques de la guerre ne se sont pas encore pleinement matérialisés. La marge d’erreur se réduit, au moment même où les incertitudes s’accumulent.
Alors que la croissance cale, les prix à la consommation ont eux augmenté de 2,2% sur un an en avril, après une hausse de 1,7% en mars, qui s’explique par une forte accélération des prix de l’énergie, détaille l’Insee dans une estimation provisoire publiée également jeudi.
Les prix de l’énergie, note l'institut, ont augmenté de 14,2% en avril sur un an, après +7,4% en mars, dopés par l’envolée des prix des produits pétroliers dans un contexte de guerre au Moyen-Orient.
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