Les députés de la commission des finances se sont opposés mercredi à la mise en place d'une taxe sur les produits de vapotage. Mais le vote devra confirmer ce choix lors de la discussion parlementaire qui débute ce vendredi.Un petit répit pour les 3 millions de Français adeptes de la vape. Mercredi matin, les députés de la commission des finances ont rejeté l’article 23 du projet de budget qui prévoit de fiscaliser les produits de vapotage. Pour autant, le répit pourrait être de courte durée puisque le vote doit encore être confirmé lors de l’examen du projet de loi de finances dans l’hémicycle qui a débuté ce matin pour sept jours.
Nul doute que le sujet y fera de nouveau débat. Comme une petite vingtaine de pays en Europe, le gouvernement souhaite taxer les liquides de 30 et 50 centimes pour chaque flacon de 10 ml en fonction de la teneur en nicotine. Il veut également interdire leur vente en ligne. La mesure a mis le feu aux poudres dans un secteur qui se pensait à l’abri du fait de sa contribution avérée au recul de la consommation du tabagisme. Recul d’ailleurs confirmé cette semaine par Santé Publique France qui évoque « 4 millions de fumeurs en moins ».
« Une menace de peine de mort commerciale »
Pour la filière française, dominée à 85% par des acteurs indépendants « pure players », la menace est sérieuse. Fabricants de liquides, grossistes et boutiques spécialisées redoutent que ce marché d’un milliard d’euros ne devienne demain la chasse gardée de Phillip Morris et consorts. « C’est un scandaleux cadeau fait à l’industrie du tabac », dénonce la Fivape, syndicat interprofessionnel qui porte la voix d’un millier d’entreprises du secteur représentant 20.000 emplois.
La fiscalisation des produits reviendrait, en effet, à traiter les enseignes auprès desquels s’approvisionnent 70% des consommateurs, à l’égal des buralistes. Une éventualité que se refuse à envisager la Fivape. « L'obligation de devenir des établissements agréés sous le contrôle des douanes, avec un agrément révocable à tout moment, placerait les 3500 boutiques spécialisées sous une menace de peine de mort commerciale permanente », dénonce-t-elle.