Le calendrier est serré : le Parlement doit disposer d'au moins 70 jours pour examiner le texte avant le 31 décembre.
Photographer - Babeth ALOY / Hans Lucas via Reu - Babeth ALOY / Hans Lucas - Babeth ALOY
Avec à peine 70 jours pour boucler le budget 2026, Sébastien Lecornu doit trouver un compromis parlementaire pour éviter le gel des dépenses et maîtriser le déficit.
Le Premier ministre reconduit, Sébastien Lecornu, devrait présenter mardi 14 ou mercredi 15 octobre son premier projet de budget pour 2026, visant à ralentir la dérive des comptes publics et à offrir un cadre de négociation au Parlement.
Nommé dimanche soir « pour donner un budget à la France avant la fin de l'année », selon ses mots, le gouvernement Lecornu 2 tiendra mardi à 10h00 son premier conseil des ministres, qui pourrait transmettre un projet de loi de finances à l’Assemblée nationale. L’article 28 de la Constitution permet au Premier ministre et au Parlement de prolonger les séances de travail, y compris le week-end, afin de respecter les délais légaux.
Le calendrier est en effet serré : le Parlement doit disposer d’au moins 70 jours pour examiner le texte avant le 31 décembre, faute de quoi une loi spéciale reconduirait les crédits de 2025 à l’identique et gèlerait les dépenses de l’État.
« Pas parfait », ce budget a été « plutôt imaginé aussi pour que le débat ait lieu », avait expliqué Sébastien Lecornu, soulignant la nécessité de trouver un compromis malgré les divisions politiques. Jusqu’au dernier moment, le gouvernement a mené des tractations pour rallier une majorité parlementaire et éviter une motion de censure ou des élections anticipées.
Après avoir cristallisé les débats sur la taxe Zucman sur le patrimoine des ultra-riches, le terrain de négociation s’est déplacé sur les retraites. Le Parti socialiste réclame la suspension de la réforme repoussant l’âge légal à 64 ans, un coût estimé à au moins 3 milliards d’euros en 2027. Le gouvernement se dit prêt à en discuter, mais cette perspective fracture la majorité et rebute la droite comme le patronat. « J'en ai vraiment assez de ce gâchis politique », s’est impatienté vendredi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, appelant à des « compromis » et des « coalitions ».
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