L'euro numérique entre dans sa dernière ligne droite, sous pression américaine
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La BCE prévoit une première phase pilote en 2027 pour un lancement de l'euro numérique fin 2029.
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La BCE prévoit une première phase pilote en 2027 pour un lancement de l'euro numérique fin 2029.
Reuters
La souveraineté économique européenne est menacée. Il faudrait même « faire son deuil des États-Unis », selon l’expression d’une personnalité de la place financière de Paris. Cette souveraineté sera d’autant plus menacée si l’Europe n’adopte pas rapidement l’euro numérique. C’est le cri d’alerte lancé par le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, lors de la conférence du G7-SMI à Paris le 6 janvier.
« Lancé il y a plus de 25 ans, l’euro constitue le plus grand pas en avant de l’Europe vers la souveraineté et un énorme succès populaire. Mais aujourd’hui, cette réussite durement acquise pourrait être menacée si nous ne sécurisons pas le rôle pivot de la monnaie de banque centrale « souveraine » dans le monde numérique », a rappelé le banquier central.
L’euro numérique vise à adapter les systèmes de paiement à la numérisation du monde et à créer un moyen de paiement unique pour tous les usages, sans dépendre de solutions étrangères, en l’occurrence américaines. Le chiffre est connu : deux tiers des paiements par carte en Europe sont traités par des acteurs non-européens. « Chaque jour qui passe aggrave notre dépendance vis-à-vis de fournisseurs non européens », avance un consultant spécialisé dans les paiements.
À lire également
L'euro numérique a d'abord été une réponse à la volonté d’un acteur privé (Facebook) de lancer sa propre monnaie (libra) en 2019. Il est maintenant ardemment soutenu par la Banque centrale européenne (BCE). La Commission européenne a présenté sa proposition de réglementation en juin 2023 et le Conseil de l’Europe a donné son feu vert, sur un texte très proche, le 18 décembre dernier.