Le Sénat a adopté une mesure visant à alléger la facture des ménages chauffés à l’électricité, compensée par une hausse équivalente pour ceux qui utilisent le gaz. Le gouvernement accueille la proposition avec prudence, tandis que la gauche dénonce une atteinte au pouvoir d’achat.Le Sénat a voté samedi une réallocation des accises sur l’énergie afin de réduire les factures des ménages chauffés à l’électricité, tout en augmentant celles des foyers utilisant le gaz. La droite sénatoriale, majoritaire à la chambre haute, explique vouloir « accompagner la transition énergétique » et encourager l’électrification des usages.
Partant du principe que le prix du gaz est « très bas », le rapporteur général du budget, Jean-François Husson (Les Républicains), a défendu un dispositif permettant une baisse de 11 à 45 euros par an sur les factures d’électricité, selon les consommations. En contrepartie, les ménages chauffés au gaz verraient leur facture augmenter de 12 à 80 euros par an. Selon la commission des finances du Sénat, la mesure serait sans impact sur les finances publiques.
Le gouvernement rend un avis de « sagesse »
Le gouvernement accueille la proposition avec prudence. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a estimé que la mesure avait « beaucoup de sens » : il y a « une volonté de favoriser la consommation d’électricité qui est à la fois décarbonée et souveraine, au détriment de la consommation de gaz qui est carbonée et non souveraine ». Il a toutefois rendu un avis de « sagesse », ni pour ni contre.
La gauche, elle, s’oppose fermement au principe du transfert. Cette mesure « ne doit en aucun cas se faire au détriment de ceux qui se chauffent au gaz, bien plus souvent par contrainte que par choix réel », a réagi le sénateur socialiste Thierry Cozic, dénonçant un risque d’injustice énergétique.
Le vote n’est qu’une étape : le projet de budget doit encore être examiné au Sénat jusqu’à la mi-décembre, au plus tôt, avant la poursuite de la navette parlementaire.