L’hôtellerie se décarbone mais patine sur le financement
Gaëlle Cloarec
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Gaëlle Cloarec
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
A Cannes, le Carlton opère sa révolution verte. Deux ans après sa réouverture et un investissement de 350 millions d'euros dans un programme de rénovation d'envergure, l'établissement de luxe annonce avoir réduit sa consommation énergétique de 13% en dépit d'une superficie augmentée d'un tiers (+12.000 m²) et d'un chiffre d'affaires multiplié par deux. Electricité 100% verte, technologies d'optimisation des consommations, mobilité décarbonée, fournisseurs incités, événements repensés, la durabilité s'impose dans tous les postes de la mythique maison et illustre la volonté du secteur de rester en ligne avec les attentes de la société.
À lire également
Il faut dire que l'industrie touristique part de loin. Selon l'Ademe, le secteur a émis 97 millions de tonnes de CO2 équivalent en 2022. Ce chiffre correspond à l'empreinte carbone annuelle de 10,5 millions de Français et représente 11% des émissions globales des GES en France. Le transport pèse à lui seul 69% de l'empreinte carbone touristique, l'hébergement, les achats et la restauration, 25%. « Sur ce sujet, c'est une industrie structurellement moins-disante, admet Vanguelis Panayotis, président de MKG Consulting, mais elle relève le défi, sa démarche est sincère. Nous ne sommes plus dans le greenwashing ». Loin des discours habituels, où beaucoup voient le verre à moitié vide, l'expert porte son analyse sur cette moitié pleine qui permet au pays des Lumières de tenir son rang. « En France, nous avons l'expérience touristique décarbonée la mieux-disante des pays développés, grâce notamment au nucléaire. Nous disposons également d'un réseau ferroviaire certes en régression mais qui reste dense et élargi à l'Europe, de réglementations comme le décret tertiaire qui poussent à suivre une trajectoire vertueuse, et c'est sans ouvrir le chapitre sur le critère social et sociétal. Nous valorisons très mal ce quart d'heure d'avance que nous avons sur ces sujets de décarbonation par rapport aux autres pays. »
Gaëlle Cloarec