En 2022, France Energie Eolienne estimait que d'ici à 2035, l'éolien rapporterait une recette nette de 18 milliards d'euros à l'Etat. Mais depuis, les cours ont chuté sur les marchés.
Sans surprise, l’Etat devra dépenser plus que prévu pour soutenir les énergies renouvelables en 2025. Et pour cause, avec des prix de l’électricité en baisse sur les marchés, il doit davantage compenser les producteurs. Dans les prochaines années, une variation de quelques dizaines d’euros par mégawattheure des cours pourrait même faire exploser la note.
C’est l’un des points les plus controversés du projet de loi de fin de gestion, censé ajuster le budget de 2025 d’ici à la fin de l’année : 1,1 milliard d’euros de crédits supplémentaires doivent être alloués pour soutenir les énergies renouvelables par rapport à ce qui était prévu dans la loi de finances, via les « charges de service public de l’énergie ». De quoi faire réagir une partie de l’opposition. « Elles n’ont qu’à se financer toutes seules », a tancé hier le député RN Jean-Philippe Tanguy, détracteur habituel de ces installations.
Mais il ne s’agit pas d’une volonté du gouvernement, qui cherche plutôt à limiter, au contraire, les subventions aux éoliennes et aux panneaux solaires. En fait, cette hausse est mécanique : plus les prix baissent sur le marché de l’électricité, plus la contribution de l’État augmente, et inversement. Or, depuis plusieurs mois, les cours ont dégringolé sur les bourses d’échange.
L'Etat compense la différence avec les prix de marché
Pour le comprendre, il faut se pencher sur la manière dont la puissance publique encadre le développement des énergies renouvelables. Concrètement, elle noue des contrats avec la plupart des producteurs, en se mettant d’accord sur un prix de vente de l’électricité garanti sur 15 à 20 ans. De plus en plus souvent, il s’agit de « contrats pour différence » (CfD).
Ces deals prévoient que l’État paie aux énergéticiens une compensation financière lorsque les prix de marché sont inférieurs à ce fameux prix cible, qui correspond à l’écart entre les deux chiffres, mais aussi, en retour, qu’ils lui reversent l'excédent quand les cours lui sont supérieurs.
Dit autrement, si le tarif garanti s’élève à 60 euros par mégawattheure (MWh) et que le « spot » (qui correspond au prix de vente de l’électricité en temps réel sur les bourses d’échange) n’est que de 50 euros/MWh, l’État remboursera 10 euros/MWh, à l’instant T, au propriétaire du champ éolien ou solaire. Mais si le « spot » grimpe à 70 euros/MWh, l’énergéticien devra de l’argent à l’État.
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.