À travers la création d'un nouveau centre de compétences français soutenu par un projet européen lié au Chips Act, le monde de la microélectronique ne compte plus uniquement s'intéresser aux moyens de production des puces... Mais aussi, aux pépites « fabless », ces entreprises qui les conçoivent, sans les fabriquer. Objectif : les aider à devenir de futurs Nvidia ou Qualcomm.Ce sont des start-up devenues des leaders mondiaux, qui partagent un point commun : elles ont atteint des sommets, tout en restant uniquement spécialisées dans les étapes de conception des puces pour l’industrie des semi-conducteurs.
« Les entreprises « fabless » (« sans usines ») sont peu nombreuses en Europe : or ces entreprises captent une grande partie de la valeur sur le marché des semi-conducteurs, à l’instar de Nvidia par exemple. Il y a donc un enjeu fort à développer une capacité de conception des circuits en Europe pour stimuler la demande », observe Bruno Paing, vice-président Europe et International Public Affairs au CEA-Leti.
« Qu’est-ce qui fait que nous n’ayons pas en Europe un champion comme Qualcomm ou Nvidia, qui conçoit des produits électroniques, mais fait réaliser leurs étapes de fabrication par un sous-traitant ? », introduit Hervé Ribot, chef de projet du Centre de Compétences français dans le cadre du Chips Act, « Asteerics » (pour « Attractivity, Services and Training for Energy Efficiency Reach on Integrated Circuits and System », ndlr).
Car jusqu’ici, la bataille sur le volet des semi-conducteurs s’est plus particulièrement centrée sur les moyens de production : « Ces principaux plans de soutien du secteur (à savoir Nano 2012, puis Nano 2017, Nano 2022 et Nano 2026) aident des entreprises qui ont des salles blanches, mais il n’était rien prévu pour les entreprises fabless », reconnaît Hervé Ribot. « Et lorsque Thierry Breton a voulu relancer la fabrication des semi-conducteurs en Europe, il s’est aperçu qu’il y avait également un gros déficit d’entreprises fabless, qui étaient une catégorie complètement « oubliée » et dont le nombre avait décru de 4 % à 1 % ».
Un « trou dans la raquette » que compte désormais corriger le nouveau programme Asteerics, qui découle d’une proposition réalisée par le pôle Minalogic à un appel à projets européen dans cadre de la Chips JU, le bras armé du Chips Act qui vise lui-même à accompagner la réalisation des programmes de recherche de l’Union européenne.