Face à la dépendance chinoise aux métaux critiques, la Commission européenne a annoncé un plan visant à accélérer le CRM Act voté en 2023. Centre de pilotage, 3 milliards d'euros d'investissement... Les annonces sont importantes, mais les industriels devront « jouer le jeu ».
Un an et demi après le Critical Raw Material Act, et après une nouvelle année de pressions chinoises sur les matières premières minérales, l’Union européenne souhaite « passer à la vitesse supérieure », selon le commissaire européen Stéphane Séjourné.
Et pour cause : selon une étude publiée lundi par la Chambre de commerce de l’UE, 60 % de ses membres s’attendent à des perturbations de leurs chaines d’approvisionnement à cause des restrictions décidées par Pékin, et 13 % redoutent de devoir interrompre ou ralentir leur production. Il était donc temps d’agir aux yeux de bon nombre d’industriels, coincés entre la tentation d’achat des matière chinoises peu chers et la conscience des risques de leur dépendance.
Un centre de pilotage
Si les États-Unis sont lancés tout azimuts dans une stratégie de découplage vis-à-vis du rival chinois, l’Union européenne n’envisage pas à une approche si radicale. « Même si on voulait diversifier à 100 %, on ne pourrait pas » souffle-t-on à Bruxelles. Les annonces de ce mercredi se veulent donc résolument réalistes, autrement dit « un peu décevantes » selon certains acteurs.
Dès le début d’année prochaine, un Centre européen des matières premières critiques verra le jour, chargé de l’achat en commun pour le compte des états membres, du stockage et de la livraison. Le centre pilotera ainsi la politique européenne en la matière et devra, pour réaliser à bien ses tâches, évaluer au préalable les besoins des industriels européens et monter en gamme pour effectuer une évaluation critique en temps réel.
Clé de voute du sursaut des 27, le futur organisme sera également chargé de connecter les industriels européens avec des producteurs de matières premières leur permettant de diversifier leur approvisionnement. Comprendre ici : des producteurs non chinois, et de préférence européens.
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