Orientation, stages, jobs étudiants… La stratégie du gouvernement pour améliorer l'insertion des jeunes

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou.
REUTERS - Stephanie Lecocq

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou.
REUTERS - Stephanie Lecocq
Le constat. Le gouvernement a présenté ce jeudi une stratégie interministérielle de 15 mesures de court et moyen terme pour améliorer l'insertion professionnelle des jeunes.
Baptisée « Emploi futur », elle procède du constat d'un « paradoxe français », combinant taux de diplômés élevé, temps moyen d'insertion sur le marché du travail plus long que dans d'autres pays européens et proportion de « NEET » (jeunes ni scolarisés, ni en emploi, ni en formation) également élevée, à 12,9 % selon l'Insee.
« Si jamais on devait subir un retournement économique en raison de la situation internationale, c’est certainement le marché du travail des jeunes qui en pâtirait le premier », a averti Jean-Pierre Farandou ce jeudi, à l'issue d'un déplacement à l'université Paris-Est Créteil.
Cette stratégie a ainsi pour objectif de porter le taux d'emploi des 15-24 ans à 40 % d'ici à 2030, selon le ministre du Travail, contre 34,3 % fin 2025. Les derniers chiffres du chômage ont montré une forte hausse de celui des jeunes, qui a atteint 21,5 % fin 2025.
Pour l'élaborer, les ministères concernés (Travail, Enseignement supérieur, Sports et Jeunesse…) affirment avoir consulté les acteurs de l'insertion professionnelle des jeunes (France Travail, les missions locales, les écoles de la seconde chance…) et dialogué avec les organisations syndicales et patronales.
Les mesures. Les 15 mesures présentées se déclinent en trois axes : mieux orienter les jeunes et les sensibiliser aux métiers qui recrutent (défense, nucléaire, médico-social…), les rapprocher de l'entreprise tout en renforçant la sécurité au travail et, enfin, anticiper les ruptures de parcours et accompagner de manière intensive ceux qui en ont besoin.
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Parmi les mesures prévues, la création d'un « InserScore » – un indicateur des débouchés – pour l'ensemble des formations professionnelles initiales (pourcentage des jeunes en emploi à l'issue d'une formation, salaire médian) afin d'aider les jeunes à faire des « choix éclairés ».
Une application intitulée « 1jeuneDessolutions » doit être créée afin de regrouper tous les services de l'État dont les jeunes ont besoin.
Plus large et plus flou, le lancement d'une « gestion prévisionnelle des emplois et des compétences des secteurs stratégiques » pour adapter l’offre de formation aux besoins, notamment en améliorant le dialogue entre administrations et avec les universités.
L'accès des étudiants ou apprentis ayant interrompu leurs études ou leur contrat à des formations « courtes et professionnalisantes » doit être favorisé, par exemple via les préparations opérationnelles à l'emploi de France Travail.
Le plan prévoit aussi de « valoriser les entreprises qui s'engagent pour favoriser des jobs étudiants de qualité », avec probablement la signature d'une charte.
Pour les jeunes NEET, il entend favoriser les stages et mises en situation professionnelles lors de l'accompagnement par les missions locales et « co-construire avec les branches professionnelles des parcours adaptés aux besoins des territoires et des filières ».
Le mentorat et le parrainage vers l'emploi doivent aussi être renforcés, en ciblant les publics les plus vulnérables, comme les jeunes sortant de l'Aide sociale à l'enfance ou handicapés.
Le contexte. Si ce plan peut être mis en place sans budget supplémentaire dans l'immédiat, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou entend faire de la jeunesse la priorité de son administration pour le budget 2027, explique-t-on au ministère.
Ces annonces interviennent sur fond de baisse du budget des missions locales (-7,6 % en 2026) et de coup de rabot sur les aides à l'apprentissage.
Il suscite le scepticisme de la secrétaire générale de l'Unef, Manon Moret, qui dénonce « un plan au rabais, pro-entreprises, qui permet un joli coup de com' et non une interrogation profonde sur la condition de la jeunesse ».
Ces annonces interviennent également moins d'un mois après le décès d'un lycéen dans le Gard lors d'un stage d'observation dans une entreprise du BTP.
(Avec AFP)