« La planification doit permettre d’affronter les conséquences du choc démographique » (Clément Beaune)

Clément Beaune, Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, ce 1er décembre à Paris
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Clément Beaune, Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, ce 1er décembre à Paris
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Prévoir l’avenir est un travail qui sévère complexe dans les contextes économiques, géopolitiques et sociétaux que la France, comme le monde, traverse. Clément Beaune ne dit pas le contraire mais le Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan de tout de suite clarifier : « lorsque j’entends la petite musique qui dit que la planification ne sert à rien, je le dis, nous avons besoin d’un Plan ». Certes, on ne planifie plus comme on planifiait hier, par silo, en fixant des objectifs de production par secteur, par région et par an, mais en se penchant sur les conséquences que le choc démographique, notamment, va avoir sur l’avenir du pays.
C’est le sens de l’exercice de prospective lancé début octobre par le haut-commissariat, qui vise deux horizons : celui, assez proche, de 2035 et celui, à plus long terme, de 2050, soit le temps d’une génération. Une réflexion, à laquelle des écrivains, des scénaristes, des personnalités du secteur privé, du secteur public, des associations vont être associées – qui va notamment s’intéresser à la démographie. Car comme le précise Clément Beaune « la démographie c’est par définition le temps long, mais le choc démographique est déjà là. 2025 est la première année, depuis 1945, où nous comptabilisons plus de décès que de naissances, et ce n’est pas une bonne nouvelle. Cela veut dire qu’il faut adapter nos politiques. Se demander quel sera l’impact de la démographie sur nos écoles, sur la population active, sur les secteurs en tension, sur les réseaux de transports, sur la politique du logement, cela se pense, ça s’organise, ça se concerte et ça se planifie ».
Le sujet infrastructures est donc un élément primordial. Une mission simplification a ainsi été confiée au Préfet Michel Cadot. Là encore, le constat est sans appel : si la France, dit l’ancien ministre des Transports, dispose d’un bon réseau à grande vitesse, cela est moins le cas pour le réseau intercités « plus ancien, en mauvais état, qui mérite des investissements massifs ». Et de rappeler que l’Hexagone dispose du réseau ferroviaire le plus vieux d’Europe. « On parle souvent de nouvelles lignes, mais il faut commencer par entretenir nos réseaux, cela fait partie du patrimoine des Français. On ne peut pas laisser ces réseaux s’abîmer. Le changement climatique accélère les tensions sur les réseaux. Il faut que l’on investisse. La France doit rester un grand pays d’infrastructures. On doit aller plus vite, avec plus de sécurité juridique ».
Car la France doit aussi mieux sécuriser ses projets d’un point de vue juridique. En clair, hors de question de revivre la situation de l’A69. « Une fois qu’un projet est engagé, il doit aller au bout. Nous sommes le pays d’Europe le plus long compliqué pour ses procédures en matière d’investissement ».
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Prévoir et planifier sans regarder ce qu’il se passe en Europe serait une erreur assure également l’ancien secrétaire d’État chargé des Affaires européennes. « Nous affrontons les mêmes défis : décarboner, avoir une énergie plus verte, pas trop chère. Nous avons des sujets de défense aussi. D’autre part, 20 pays sur 27 sont aussi confrontés au sujet démographique. Nous y répondrons sans doute différemment car nous avons tous nos identités et nos débats nationaux, mais il faut se comparer ». Si à Varsovie, où il s’est déplacé en septembre dernier, Clément Beaune a pu échanger avec le maire de la ville, en Espagne, le Haut-commissaire s’est entretenu voici seulement quelques jours, à Madrid, avec son homologue, l’Espagne ayant, elle aussi, lancé une prospective à 2050.
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Sans doute, peut-on imaginer des sujets de coopération. Quant à l’exercice de prospective, il remettra son rapport final au Président de la République en juin prochain.