Un rapport sénatorial publié ce mercredi appelle la France à sortir de sa passivité sur le plateau des Guyanes. Face au pillage des ressources par l’orpaillage illégal et l’influence croissante de la Chine, les parlementaires recommandent de muscler la filière aurifère légale. Ils préconisent également un rapprochement stratégique avec le Guyana, devenu un eldorado pétrolier mondial.C’est un rapport qui tombe à point nommé. Alors que l’Amérique du Sud attire tous les regards depuis la capture de Nicolás Maduro par l’administration américaine, et que le pétrole vénézuélien apparaît comme une des motivations de Donald Trump, trois sénateurs présentent ce mercredi les conclusions de leur mission. Leur objectif : permettre à la France de s’affirmer comme un acteur clé sur le plateau des Guyanes. Cédric Perrin (LR), président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées, Étienne Blanc (LR) et Olivier Cigolotti (UC) ont ainsi enchaîné les auditions et les voyages dans cet espace considéré comme « un angle mort de la diplomatie française, alors même que la France y occupe une position singulière », en tant qu’unique État européen présent en Amérique du Sud.
Les trois sénateurs formulent ainsi vingt recommandations autour de deux grands thèmes : le renforcement de la coopération régionale — notamment des relations bilatérales avec le Guyana — et l’accentuation des actions visant à sécuriser la Guyane. Ces deux axes accordent une large place aux enjeux des matières premières.
L’or de Guyane trop peu valorisé
Si la Guyane est réputée pour être au cœur du croissant aurifère du continent, les parlementaires estiment que, « malgré ce potentiel considérable, l’extraction légale y demeure limitée, laissant une large place à l’orpaillage illégal ». Outre le manque à gagner considérable pour l’économie guyanaise — entre 600 millions et 1,2 milliard d’euros par an selon le rapport — l’orpaillage illégal est également un problème sécuritaire et écologique majeur. Malgré la convention de Minamata qui en interdit l’usage, le mercure, nécessaire pour amalgamer les paillettes de métal, est encore largement utilisé et déversé à hauteur de 13 tonnes par an dans la nature. Pire, l’orpaillage illégal serait responsable de 40 % de la surface déforestée en Guyane.