Une entreprise pétro-gazière tricolore est encore bien implantée au Venezuela. Et, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ce n’est pas TotalEnergies. Alors que le géant français des hydrocarbures n’a plus aucune présence depuis 2022 dans ce pays d’Amérique latine assis sur les plus vastes réserves d’or noir du monde (environ 18%) et qu’il ne compte pas y revenir, un acteur du secteur, bien moins connu du grand public, a, lui, décidé de parier sur cette géographie. Il s’agit de l’entreprise Maurel & Prom (M&P), domiciliée à Bordeaux et contrôlée à 71 % par PIE, la holding de la compagnie pétrolière nationale indonésienne Pertamina. Son cours de bourse a bondi de 20 % en une semaine, dont plus de 7 % ce lundi, trois jours après l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro et les déclarations de Donald Trump, affirmant que les États-Unis sont désormais « aux commandes » du Venezuela.
Cotée sur Euronext depuis 2002, M&P fait figure de Petit Poucet face aux mastodontes qui dominent le secteur. L’entreprise emploie quelque 750 salariés et sa capitalisation boursière s’élève à 1,22 milliard d’euros. C’est environ 100 fois moins que celle de TotalEnergies. Initialement présente en Afrique, Maurel et Prom s'est renforcée au Venezuela fin 2018. « L’entreprise a racheté un actif que Shell bradait afin de se désengager du pays. C’était une acquisition opportuniste à 64 millions de dollars », retrace Ahmed Ben-Salem, analyste oil and gas chez Oddo BHF. Fort de cette acquisition, Maurel & Prom détient désormais une participation de 40 % dans le champ Urdaneta Oeste situé sur le lac Maracaibo aux côtés de l’entreprise d’État PDVSA. En mai 2024, le groupe avait par ailleurs obtenu auprès de Washington une licence lui permettant de collaborer avec des entités et des banques américaines dans le cadre de ses activités au Venezuela. Jusqu’en mai dernier, « l’entreprise réalisait environ un quart de sa production de pétrole au Venezuela, avec un peu moins de 10 000 barils par jour », précise l’analyste sur un volume total légèrement inférieur à 40 000 barils. « Cette activité contribue énormément au cash flow de l’entreprise », relève-t-il.