Dans l’énergie, l’eau, l’environnement (+33 %), l’imprimerie (+45 %) ou encore la métallurgie mécanique (+54 %), les données de défaillances d’entreprises illustrent l’hécatombe en cours.
Au troisième trimestre, les défaillances d’entreprises ont bondi de 5 % pour s’établir à plus de 14 000. Il s’agit d’un record depuis 2006, selon une étude du cabinet Altares dévoilée en avant-première dans La Tribune.
Avis de tempête sur les entreprises françaises. Entre l’incertitude politique, une croissance en berne et de possibles hausses d’impôts, les dirigeants s’apprêtent une nouvelle fois à affronter des temps difficiles.
Et cela s’est déjà traduit par l’envolée des faillites d’entreprises enregistrées au troisième trimestre par le cabinet Altares : 14 371 faillites (+5 %). « Depuis le début de l’année, 50 700 entreprises ont défailli, soit 1 600 de plus qu’à fin septembre 2024. Le mois de septembre, loin de confirmer les frémissements de début d’été, a refroidi les espoirs d’un retournement », a affirmé Thierry Millon, directeur des études.
Pour les nouveaux ministres de Bercy Roland Lescure (Économise) et Serge Papin (PME), ces chiffres risquent d’avoir des conséquences délétères sur l’économie et le marché du travail. Au total, près de 52 000 emplois seraient menacés. C’est un niveau largement supérieur à la moyenne des cinq dernières années (36 000).
Un pic historique depuis 2006
Cette hausse est d’autant plus inquiétante qu’il s’agit d’un record pour un troisième trimestre depuis 2006. Et la rentrée de septembre a été particulièrement sombre avec près de la moitié des faillites du trimestre recensées sur un seul mois (6 800). « Un volume en période de rentrée qui n’avait plus été observé depuis 2009, année de forte récession économique ». À l’époque, la crise des subprimes partie des États-Unis avait provoqué une onde de choc sur l’économie européenne entraînant sur son passage des milliers d’entreprises et d’emplois.
Dans le détail, cette flambée entre juillet et septembre est principalement portée par les procédures de sauvegarde (+11,8 %) et les redressements judiciaires (10,7 %). Quant aux liquidations judiciaires directes (sans tentative de redressement ni autre procédure en amont), elles marquent un niveau élevé pour un troisième trimestre (9 730) mais une dynamique plus modérée (+2,8 %) que les procédures et liquidations judiciaires. « La proportion croissante de ces deux procédures est un signal positif. Elles permettent en effet à plus d’entreprises de disposer d’un délai complémentaire, de quelques semaines à quelques mois, pour préparer leur rebond ou cession et éviter la liquidation », détaille Altares.
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